Le marché du travail en France va rester difficile

le
1
L?EMPLOI SALARIÉ EN FRANCE
L?EMPLOI SALARIÉ EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Le marché du travail en France devrait continuer à se tendre au cours des prochains mois du fait de perspectives de croissance jugées beaucoup trop faibles pour recréer des emplois.

Le secteur salarié marchand a reculé au quatrième trimestre, a confirmé l'Insee jeudi.

Même si le rythme de destructions de postes s'est ralenti par rapport à celui enregistré l'été dernier, il signale un deuxième trimestre consécutif de baisse alors qu'une dynamique positive s'était amorcée à partir de la fin 2009.

L'économie française a perdu 22.600 emplois au cours des trois derniers mois de 2011.

La majorité des postes supprimés porte sur le travail intérimaire dans les services, principale variable d'ajustement en temps de crise.

Sur le terrain de l'emploi, l'affrontement politique entre Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste François Hollande se concentre pourtant sur l'industrie depuis plusieurs semaines.

Le président de la République devait se rendre jeudi à l'usine Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire) pour montrer qu'il garde la main à un peu plus d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

Aucune amélioration significative du marché du travail n'est à attendre cette année d'après les économistes. L'Insee table sur 61.000 destructions d'emplois sur le seul premier semestre, une estimation qui devrait toutefois être affinée fin mars.

Selon les calculs de Natixis Asset Management, la croissance doit s'établir entre 1,5 et 2% en année pleine pour générer de nouveaux emplois dans le cadre actuel du marché du travail.

La Banque de France a confirmé mardi s'attendre à une stagnation du produit intérieur brut au premier trimestre. Les professionnels interrogés par Reuters anticipent de leur côté un recul du PIB de 0,1% sur la période et une progression de 0,1% sur l'ensemble de 2012 avant une reprise plus marquée en 2013.

"Il y a des possibilités de stabilisation mais peu de chances pour une amélioration (du marché du travail)", soulignent les économistes de Barclays Capital en allusion aux mesures dévoilées par le gouvernement lors du sommet social de janvier.

L'exécutif a annoncé un effort budgétaire de 430 millions d'euros via des redéploiements de crédits en vue de financer le développement de l'activité partielle, un dispositif "zéro charge" pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans dans une très petite entreprise et le recrutement de 1.000 salariés en contrat à durée déterminée à Pôle emploi.

L'Insee s'attend néanmoins à ce que le taux de chômage, à 9,4% de la population active métropolitaine fin 2011, frôle les 10% fin juin.

Matthias Blamont, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3101717 le jeudi 8 mar 2012 à 15:29

    A terme, les choses devraient cependant s'arranger : on annonce le départ prochain du président sortant...