Le Marché du porc breton reste fermé

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LE MARCHÉ DU PORC BRETON FERMÉ JEUDI
LE MARCHÉ DU PORC BRETON FERMÉ JEUDI

PARIS (Reuters) - Le Marché du porc breton (MPB) de Plérin (Côtes-d'Armor), qui fixe le prix de référence du porc français, restera fermé ce jeudi en raison de l'absence des deux principaux industriels du secteur malgré les appels à la responsabilité du gouvernement.

Des négociations sont en cours pour qu'une séance de cotation puisse se tenir exceptionnellement ce vendredi, alors que les producteurs ont réclamé une réunion d'urgence avec les services du Premier ministre.

"Nous avons eu confirmation ce matin de l'absence de la coopérative Cooperl à la séance d'aujourd'hui, nous avons reçu un courrier par lettre recommandée de l'entreprise Bigard comme quoi ils ne seraient pas présents aujourd'hui", a dit Daniel Picart, président du MPB, à la presse.

Par conséquent, "le marché ne se tiendra pas aujourd'hui. A priori, il y a une annonce pour que le marché se tienne demain", a-t-il ajouté.

La séance n'avait déjà pu avoir lieu lundi en raison du boycott de Cooperl et de Bigard/Socopa qui jugent intenable, face à la concurrence étrangère, le cours de 1,40 euro le kilo fixé en juin par un accord entre industriels, grande distribution et syndicats agricoles.

Les deux entreprises "sont aujourd'hui hors la loi vis-à-vis du règlement (du marché) qu'elles ont signé", a estimé Daniel Picart, ajoutant que le marché leur avait envoyé une mise en demeure.

"Pour la Cooperl, le prix payé est trop cher et pour Bigard, qui aujourd'hui maîtrise le prix du boeuf, je pense qu'il veut faire la même chose pour le porc", a-t-il dit.

Créé par les éleveurs en 1972, le MPB organise deux ventes par semaine dont les cotations servent de référence nationale bien qu'il ne représente qu'environ 15% des échanges de porcs français.

APPEL À MANUEL VALLS

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) s'est interrogée mercredi sur la pertinence d'une cotation bihebdomadaire, préconisant la mise en place de contrats entre producteur, abatteur, transformateur et distributeur.

Quelque 62.000 porcs devaient être présentés à la vente jeudi, indiquait à Reuters mercredi une source proche du MPB.

Evoquant une "situation extrêmement grave", le président de l'union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), Michel Bloc'h, a lancé un appel à l'ensemble des opérateurs pour que la cotation ait lieu vendredi.

"Cette situation est inextricable pour nous producteurs, nous sommes complètement pris en tenaille, surtout les gens qui vendent leurs porcs ici", a-t-il dit à la presse.

"Les producteurs sont essoufflés d'un point de vue trésorerie, ils ne pourront pas supporter des cours malheureusement qui risquent de baisser très fort. Il faut que l'Etat entende ce discours là".

"Aujourd'hui, j'en appelle immédiatement à une réunion physique au niveau du cabinet du Premier ministre" pour que "ses conseillers nous reçoivent dès demain", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est engagé mardi à "tout faire" pour qu'il y ait de nouveau une cotation jeudi à Plérin et exhorté tous les acteurs à faire preuve de responsabilité.

Il a annoncé une table ronde fin août sur les nouvelles formes de commercialisation du porc puis, en septembre, une réunion sur les "nouvelles formes de négociations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs".

(Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou)

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  • jyth01 le jeudi 13 aout 2015 à 13:15

    Il y a un choix à faire: soit on engraisse des fonctionnaires, soit des porcs, mais pas les deux! et tant que le choix ne sera pas fait en faveur des entreprises, les produits français ne seront plus compétitifs