Le marché du crédit immobilier se ressaisit

le
0
Le montant total des prêts immobiliers accordés par les banques a bondi de 35% au deuxième trimestre. Profitant de taux historiquement bas, les ménages se sont davantage endettés. Mais, le marché est loin d'avoir retrouvé ses niveaux d'avant crise.

La timide amélioration constatée en début d'année, s'est confirmée au deuxième trimestre. Profitant de taux historiquement bas, les ménages ont été plus nombreux à souscrire un crédit immobilier. «Le marché s'est ressaisi», constate Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris Ouest. Le montant total de crédits accordés par les banques (comprenant aussi les rachats de crédits) a ainsi bondi de 35,3% au deuxième trimestre, période propice à l'achat d'un bien immobilier, par rapport aux trois premiers mois de l'année (recul de 8,7%), selon l'Observatoire CSA/Crédit Logement.

Ce mouvement a été plus marqué dans l'ancien (+38,1% au deuxième trimestre), qui avait accusé en 2012 une récession particulièrement sévère (-35,5%). «Le marché a sans doute touché un point bas fin 2012 ou en début d'année 2013», estime Michel Mouillart, auteur de l'étude. Toutefois, «il n'a pas encore retrouvé le niveau d'activité qui était le sien avant le déclenchement de la crise actuelle», nuance-t-il.

D'autant que le nombre de prêts accordés aux ménages recule de 7,6% sur un an (-18,4% dans l'ancien). Les raisons? Le marché de la revente étant bloqué, les ménages qui achètent aujourd'hui n'ont souvent pas pu revendre un bien avant d'en acheter un autre. Du coup, leur apport personnel est moins important (23,4 % du montant de l'opération contre 27 % au deuxième trimestre 2012) et ils sont contraints de s'endetter davantage pour devenir propriétaires. Ceux qui le peuvent profitent aussi des taux exceptionnellement bas pour souscrire un prêt plus important.

Des taux très bas

En juin, les emprunteurs s'endettaient au taux record de 2,89% en moyenne (hors assurance et coût des sûretés) sur 17,25 années. Depuis février 2012, les taux des crédits ont baissé de plus de 1% (3,93% en février 2012). «Ce qui a permis au marché immobilier de ne pas sombrer», relève Michel Mouillart. «La baisse des taux est équivalente à un recul des prix des logements anciens de 8,4%», calcule l'observatoire. La tendance est-elle en train de changer? Pas encore. Au cours des deux premières semaines de juillet, les taux ont très légèrement progressé, passant à 2,91% en moyenne. «Ils pourraient atteindre 3% à la fin de l'année, mais pas plus», estime Jean-Marc Vilon, directeur général de Crédit Logement.

Ce sont toujours les 35/45 ans qui bénéficient de ces bonnes conditions de marché. Si les ménages modestes dotés d'un apport personnel suffisant ont pu réaliser leur projet, «les autres ont été évincés» par les différentes réformes du prêt à taux zéro (PTZ +), constate l'étude. Le nouveau PTZ + entré en vigueur le 1er janvier est ainsi réservé aux logements neufs respectant un certain niveau de performance énergétique.

Dans ce contexte, l'embellie du marché du crédit immobilier peut-elle se poursuivre? Difficile à dire, répondent les experts. L'an dernier, la production de crédits a chuté de 26,4%.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant