Le marché du bio fait les frais de la crise

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Après une croissance à deux chiffres jusqu'en 2011, la progression du marché devrait se tasser dans les prochaines années. Les magasins spécialisés devraient moins subir le contrecoup de ce ralentissement que la grande distribution.

À son tour, le marché du bio fait les frais de la crise. Après une croissance à deux chiffres jusqu'en 2011, sa progression devrait se tasser dans les prochaines années. Il ne devrait croître «que» de 4,3 % en moyenne par an entre 2013 et 2017, selon les experts du cabinet Xerfi-Précepta.

«La demande en produits biologiques ne sera pas épargnée par les ajustements des ménages face aux tensions exercées sur leur pouvoir d'achat», souligne Xerfi. La croissance du marché bio avait connu un pic en 2008 (+23,8%). Puis, l'entrée de la France en récession avait entraîné un ralentissement significatif de la croissance (+6,7% en 2012, contre +10,9% en 2011). En 2013, les achats de produits bio ne devraient progresser que de 3%. Et ce, alors que les dépenses en grandes et moyennes surfaces pourraient cette année être en léger recul.

Les enseignes de la grande distribution pourraient subir le contrecoup de ce ralentissement. «La bataille autour du marché bio gagnera en intensité à l'horizon 2017», prévoient les experts de Xerfi. Ils anticipent un recul des parts de marché des hypers et supermarchés qui étaient montés en puissance ces dernières années avec un élargissement considérable de leur offre, à la fois avec des marques nationales et des marques de distributeurs (MDD). Il existe plus de 300 références MDD bio en moyenne par enseigne. Certaines, à l'image de Carrefour et Auchan, ont même été jusqu'à ouvrir des magasins 100% bio.

Paysage encore plus concurrentiel

En 2017, la grande distribution devrait passer sous la barre des 45%, contre 47,5% l'an passé, au profit des magasins spécialisés (Biocoop, Naturalia…). «Les enseignes auront des difficultés à conquérir et fidéliser des consommateurs de plus en plus exigeants sur la qualité et l'origine de l'offre, prévoit Xerfi. D'autant plus que les “bio addicts” continueront de se tourner massivement vers les réseaux spécialisés, dans lesquels ils auront davantage confiance».

Une bonne nouvelle donc pour les enseignes spécialisées dont la part de marché devrait atteindre 36% en 2017, dans un paysage encore plus concurrentiel. Ils profitent de leur ancienneté sur le marché et de l'existence de filières d'approvisionnement historiques, parfois locales. Biocoop, premier distributeur alimentaire de bio en France (340 magasins), a ainsi ouvert son capital dès 2006 aux groupements économiques de producteurs 100% bio. Les spécialistes devraient aussi bénéficier d'une poursuite de la consolidation du secteur et du regroupement autour d'enseignes nationales.

Cette évolution du marché intervient dans un contexte favorable pour le bio depuis le début de l'année. Avec le scandale de la viande de cheval, de nombreux consommateurs déstabilisés ou en perte de repères se sont reportés vers les produits bio. Biocoop a ainsi vu son chiffre d'affaires bondir de 11% au premier semestre.

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