Le marché des changes représente 5.300 milliards par jour

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LE MARCHÉ DES CHANGES REPRÉSENTE 5300 MILLIARDS DE DOLLARS PAR JOUR
LE MARCHÉ DES CHANGES REPRÉSENTE 5300 MILLIARDS DE DOLLARS PAR JOUR

par Anooja Debnath

LONDRES (Reuters) - Les transactions sur le marché des changes ont augmenté de plus d'un tiers durant les trois dernières années, pour atteindre 5.300 milliards de dollars (plus de 4.000 milliards d'euros) par jour, soit 90% environ du PIB annuel du Japon, lit-on dans un rapport de la Banque des Règlements internationaux (BRI).

Ce rapport triennal montre que cette croissance est entretenue par la puissante montante des fonds spéculatifs et autres intervenants non bancaires, que Londres affirme son statut de place prédominante pour les changes et que le dollar reste de loin la monnaie la plus traitée.

La part de l'euro est elle tombée au plus bas depuis son lancement en 1999, conséquence de la crise de la dette de la zone euro débutée en 2010.

"Volatilité, intervention banque centrale et évolution réglementaire ont été quelques-uns des thèmes dominants du marché des changes ces trois dernières années", a dit David Puth, directeur général de CLS Bank, une société de compensation des transactions de change.

"Aujourd'hui, le marché des changes est plus liquide, efficace, transparent... On peut raisonnablement supposer que le volume d'affaires quotidien continuera d'augmenter dans les années à venir".

Les volumes quotidiens moyens traités par CLS d'avril 2010 à avril 2013, période couverte par le rapport de la BRI, ont augmenté de 42,5%.

Le dollar représentait 87% de toutes les transactions en avril 2013 contre 85% trois ans auparavant. Les transactions sur le yen ont bondi de 63% depuis 2010 et la part de la monnaie japonaise dans les opérations de changes est passée de 19% voici trois ans à 23%.

La BRI remarque que pour l'essentiel cette progression est intervenue entre octobre 2012 et avril 2013, une période marquée par des changements profonds du paysage politique nippon et de la politique suivie par la banque centrale, devenue plus volontariste afin de mieux soutenir l'économie de l'archipel.

LONDRES À LA PREMIÈRE PLACE

Même si l'euro reste la deuxième monnaie mondiale la plus liquide, son rôle international s'est affaibli durant les trois dernières années. Sa part du trading Forex était de 39% en 2010 mais était tombée à 33% en avril 2013.

Les parts de marché du sterling et du franc suisse ont fléchi, tandis que celles du peso mexicain ou encore du yuan chinois ont sensiblement augmenté.

La parité euro/dollar reste de loin la plus travaillée, avec une part de marché de 24% contre 28% en 2010, tandis que la part de marché de la parité dollar/yen est montée de 14% à 18%.

Le rapport de la BRI montre enfin que les transactions sont plus concentrées localement, ce qui constitue un changement de tendance inédit depuis 1998 et qui joue en faveur des grands centres financiers.

Le Royaume Uni conforte sa position de leader avec une part de marché des changes de 41%, suivi par les Etats-Unis (19%) et par Singapour qui a ravi la troisième place au Japon.

Attestant de cette tendance à la concentration, la part de marché des transactions de change transfrontalières a diminué à 58% contre 65% en 2010, un pourcentage au plus bas depuis 2001.

Les "autres établissements financiers" ont représenté 53% des transactions de change durant la période, tandis que les grandes banques commerciales, banques d'investissement et sociétés de courtage traitant régulièrement par l'intermédiaire de plateformes électroniques telles qu'EBS ou Reuters ont compté pour 39%.

Banques centrales et fonds souverains ne revendiquent que moins de 1% du total des transactions de change journalières, alors que les banques régionales ou de moindre ampleur en absorbent près du quart.

Les swaps de devises ont été l'instrument le plus couramment échangé, représentant 42% de l'ensemble des transactions de change, alors que les transactions spot (au comptant) ont compté pour 38%.

Sur le marché des dérivés de change de gré à gré (OTC), ce sont les options qui sont privilégiées, avec une croissance de plus de 60%.

La BRI doit publier en novembre les résultats détaillés de l'activité du marché des changes à avril 2013.

Avec Jessica Mortimer, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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