Le marché des automobiles anciennes ne connaît pas la crise

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Il y a plus de milliardaires que de Ferrari 250 GTO dans le monde. All Rights Reserved
Il y a plus de milliardaires que de Ferrari 250 GTO dans le monde. All Rights Reserved

(Relaxnews) - Alors qu'au moment des grands salons automobiles, tous les regards sont tournés vers Ferrari, Bugatti ou Mercedes-Benz, un petit groupe de connaisseurs garde, toute l'année, les yeux rivés sur des modèles bien plus anciens, issus des années 50 et 60, qui constituent un investissement infaillible.

La demande en modèles de collection est au plus haut. Historic Automobile Group International, dont le baromètre HAGI Top permet de comparer et de mesurer la valeur des cinquante principaux modèles de collection, montre que ce marché évolue indépendamment des autres secteurs, ce qui ne manque pas d'intéresser au plus haut point collectionneurs comme investisseurs.

John Collins, fondateur de Talacrest, l'un des principaux concessionnaires britanniques de Ferrari classiques, pense que cette croissance va se poursuivre, puisque les véhicules sont des éléments tangibles : "Lorsqu'une entreprise fait faillite, une action ne représente plus qu'un morceau de papier, tandis qu'une voiture sera toujours une voiture".

Dans une interview accordée à Relaxnews, John Collins attribuait la récente et massive augmentation des prix à un nouveau profil d'acheteurs, à la tête de grandes fortunes. L'époque n'est plus aux acheteurs obligés d'emprunter pour acheter et revendre aussitôt. "Dans les années 80, j'aidais à financer de nombreuses achats. Les prix ont subi une augmentation significative depuis, pourtant je n'ai financé aucune transaction ces trois dernières années. Ces gens-là ne succombent pas à une mode : ils achètent des véhicules pour les garder. Mon travail, qui consiste à attribuer la bonne voiture au bon client, n'en devient que plus difficile".

Collins fait également remarquer que le Chine et le Proche-Orient, deux pays qui étaient plus friands de supercars modernes que de modèles anciens, ont "depuis l'arrivée de la Formule 1 à Bahreïn et à Dubaï, arrêté de considérer Ferrari et Aston Martin comme de simples marques. Ils veulent désormais investir dans l'histoire de ces maisons".

Mais le nombre de modèles encore disponibles se réduit à mesure que celui des collectionneurs augmente. "C'est très simple : il y a plus de milliardaires que de Ferrari 250 GTO dans le monde", conclut Collins.

Les possesseurs de ces biens ne s'en départiront donc pas de si tôt. "J'ai vendu deux modèles récemment, l'un à la suite d'un divorce et l'autre en raison d'une transaction qui a mal fini". Il s'agissait de ventes privées. La dernière fois qu'un modèle 250 GTO a été vendu aux enchères, en 2010, son prix s'est élevé à 19,4 millions de dollars, pas si mal pour un modèle qui valait 18.000$ à l'état neuf en 1963.

Collins concède que le prix des voitures plus modernes n'atteindra jamais celui des Ferrari des années 60 ou des Bugatti des années 30. Même les supercars modernes sont moins rares (fabriqués à des milliers d'exemplaires et non plus à des centaines d'exemplaires). Mais pour ceux que prendrait l'envie d'acheter un modèle ancien, le conseil du spécialiste est de bien préparer l'acquisition : "Il faut traiter cela comme l'achat d'une maison. Vérifiez le moindre détail". Plus important encore : "Ne devenez pas aussi capricieux qu'un enfant de dix ans se répétant 'Je la veux, il me la faut absolument !'"

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