Le marché de la dette d'entreprise se positionne avant la BCE

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    LONDRES, 20 mai (IFR) - L'annonce en mars par la Banque 
centrale européenne (BCE) de l'extension de son programme de 
rachats d'actifs à la dette d'entreprise a renforcé les 
exigences des investisseurs sur ce marché, comme l'illustre 
l'importante émission obligataire de LafargeHolcim qui a dû 
renoncer jeudi à émettre des titres à échéance de 20 ans. 
    Le numéro un mondial du ciment avait lancé une émission en 
trois tranches de sept, 12 et 20 ans mais il a dû finalement 
renoncer à cette dernière tranche en raison d'un manque de 
demande et de la concurrence d'autres émetteurs. 
    "Le livre d'ordres a été juste couvert aux conditions 
définitives et en général, on ne veut pas insister pour vendre 
des titres comme ceux-là quand on sait qu'ils ne seront pas 
performants ensuite sur le marché", a dit l'un des principaux 
chefs de file de l'opération. 
    LafargeHolcim a finalement placé pour deux milliards d'euros 
en deux tranches au cours d'une journée où 5,5 milliards d'euros 
de dette "corporate" ont été émis au total.  
    Les émissions de dette d'entreprise se sont multipliées 
depuis l'annonce de la BCE, qui achetait déjà de la dette 
souveraine depuis mars 2015. Sur les deux dernières semaines 
uniquement, leur montant global a dépassé les 27 milliards 
d'euros. 
    L'offre devrait continuer d'affluer dans les semaines à 
venir, plusieurs dizaines d'émetteurs étant encore sur les 
rangs. 
    "Je crois que l'ensemble du marché a anticipé la BCE. On a 
l'impression d'une copie conforme de ce qui s'est passé l'année 
dernière quand tout le monde s'est mis à acheter des Bunds et 
qu'il n'y avait plus rien sur le marché quand la BCE a 
effectivement commencé à acheter", dit un investisseur. 
    "Le marché est vraiment faible et pourtant, les nouvelles 
émissions continuent d'affluer rapidement." 
    Certains investisseurs se plaignent que l'arrivée prochaine 
de la BCE sur ce marché réduise l'intérêt des nouvelles 
émissions obligataires, ce qui les contraint à être plus 
sélectifs. 
    "Les gens ne veulent pas acheter du papier long à 20 ans 
émis par un émetteur noté BBB dans l'activité très cyclique du 
ciment et des matériaux de construction", explique ainsi un 
banquier au sujet du cas de LafargeHolcim. 
 
 (Laura Benitez; Bertrand Boucey pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 

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