Le marché de l'immobilier se grippe

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Malgré des taux d'intérêt très bas, les ménages les plus modestes peinent à accéder à la propriété. En Ile-de-France, le marché s'est effondré depuis l'été dernier.

Le marché de l'immobilier français s'enfonce dans son marasme. Dans un contexte de grandes incertitudes économiques, il est devenu extrêmement difficile pour les ménages les plus jeunes ou modestes d'accéder à la propriété. La situation est particulièrement critique en Ile-de-France. D'après une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, publiée mardi, le montant des crédits immobiliers accordés par les banques avait ainsi reculé d'un tiers sur un an, à fin juin. L'auteur de l'étude, Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest, estime ainsi que pour l'ensemble de l'année 2012, les crédits immobiliers devraient être compris entre 110 et 120 milliards d'euros, soit une baisse de 25% à 30% par rapport à 2011 (160 milliards).

Cet affaissement des crédits immobiliers s'explique par l'atonie de la demande des ménages, les plus aisés comme les plus mo­destes: les premiers souffrent du blocage du marché des reventes et les seconds de la hausse continue des exigences d'apport personnel. Les taux d'intérêt bancaires ont pourtant atteint à fin juin des niveaux historiquement bas pour la France, autour de 3,6%, contre 3,9% le trimestre précédent. Mais en contrepartie, la durée des prêts tend à s'écourter. Confrontées à un contexte réglementaire plus strict, les banques répugnent à s'engager à trop long terme.

Des apports personnels de plus en plus élevés

«Alors qu'en 2010, près d'un tiers des crédits souscrits par des jeunes ménages de moins de 35 ans avait une durée supérieure à vingt-cinq ans, cette proportion a drastiquement chuté. En 2012, ces prêts longs ne représentent plus que 22% de leurs crédits immobiliers», note ainsi Michel Mouillart. Cette sortie des jeunes ménages déstabilise profondément le marché. Les moins de 30 ans représentaient en effet traditionnellement environ un tiers des opérations d'accession de la propriété.

Le coût moyen des opérations continuant d'augmenter (de 1,8% en 2012), les ménages doivent compenser le raccourcissement des prêts par des apports personnels de plus en plus élevés. En 2012, les apports pour le neuf et l'ancien confondus ont déjà augmenté de 7,8%, après des hausses de 9,7% en 2011 et 6,4% en 2010.

Dans ces conditions, la part des ménages gagnant moins de deux smics ne représente plus en juin 2012 que 14% des transactions contre 16% en 2008. Le remodelage des aides publiques, avec la reconfiguration du PTZ + dans le neuf et sa suppression dans l'ancien, ainsi que le rabotage du dispositif «Scellier» n'ont pas aidé cette catégorie.

En Ile-de-France, les tensions sont extrêmes. «Le marché s'est effondré depuis l'été dernier», note Michel Mouillart. Jamais l'indicateur de solvabilité de la demande (qui rapporte le coût mensuel d'un emprunt au revenu de l'emprunteur) dans la région n'avait atteint un point aussi bas à 87%, contre 97% pour l'ensemble de la France.

Le marché de l'immobilier se grippe
Le marché de l'immobilier se grippe

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  • M2140153 le vendredi 27 juil 2012 à 20:08

    Un patrimoine n'est pas constitué que d'immo.Il existe tellement d'autres possibilités pour se constituer un capital.De plus, l'immo ne se réduit pas à des logements en France.On a toujours le choix :-)

  • TURBOLT le mercredi 25 juil 2012 à 23:04

    lol une fois cassé l immo ca va etre dur de relancer ct le seul moyen pour les petits ds se constituer un patrimoine c mort avec toutes ces lois de droite et de gauche

  • M2140153 le mercredi 25 juil 2012 à 11:31

    Sinon, n'oubliez pas qu'on a toujours le choix : www.la-boite-a-finances.com/documentation/Memoire/M%C3%A9moire-Master2GDP2011-David_Bergot-Acheter_ou_louer.pdf

  • M2140153 le mercredi 25 juil 2012 à 11:25

    C'est le 1er article au ton si dramatique que je lis.Et pourtant, j'en lis !La situation présente n'est pas si dramatique :les prix sont toujours élevés et les chiffres présentés dan l'article ne sont pas si alarmiste.Par contre, employer un tel ton reflète nos anticipations.En effet, le potentiel de baisse est colossal (CF Friggit & co).Et quand un marché se met à baisser il ne s'arrête que qu'au planché, soit quand les rendements réels sont cohérents avec l'inflation.

  • london le mercredi 25 juil 2012 à 10:58

    La bulle va eclater sous vos yeux, et plus vite qu'on ne le croit (à la rentré probablement... au mieux debut 2013, c'est un peu le principe de la bourse d'ailleurs, ca monte doucement la coline et on saute en parachute apres :)

  • manta92 le mercredi 25 juil 2012 à 10:32

    Tout dépend si on craint une crise majeure ou pas, si on est court termiste ou pas... Dans 20 ans rien ne dit que nous ne retrouverons pas ces niveaux là, même après une crise majeure des prix de l'immobilier... Cf le pic de 1989, suivi de la dépression de 98 avant de voir les cours exploser jusqu'à maintenant...

  • manta92 le mercredi 25 juil 2012 à 10:30

    Je ne suis pas d'accord avec zeisuke pour la bonne raison que la pierre, tout comme l'or, est le seul moyen de garantir un certain patrimoine surtout en cas d'hyperinflation comme en 1923 en Allemagne ou si on craint l'effondrement du système monétaire (l'un comme l'autre étant probable)... Cependant, si on se réfère au théorème de Friggit, l'immobilier est surévalué de 45%... En ce sens OUI, il y a un risque de perte du capital colossal... Du moins à court terme...

  • c.pau le mercredi 25 juil 2012 à 10:10

    Un marché immobilier atone avec des biens qui s'entassent, ça fait penser à un restaurateur qui veut vendre ses plats 3 fois plus cher que les autres et qui comprend pas pourquoi après sa période d'installation, la salle se vide jour après jour...CQFD

  • M9455348 le mercredi 25 juil 2012 à 10:06

    Acheter en Espagne et en Grèce : y a que ca de vrai!Le France c'est fini depuis longtemps

  • idem12 le mercredi 25 juil 2012 à 09:39

    le marché s'effondre mais les prix ne bougent pas...cherchez l'erreur