Le marché croit en Tavares, mais n'oublie pas les défis de PSA

le
0
L'ARRIVÉE DE CARLOS TAVARES CHEZ PSA EST SALUÉE EN BOURSE
L'ARRIVÉE DE CARLOS TAVARES CHEZ PSA EST SALUÉE EN BOURSE

PARIS (Reuters) - La prise en main de PSA Peugeot Citroën par Carlos Tavares l'an prochain est saluée en Bourse, où le constructeur automobile gagne près de 15% depuis lundi, mais les investisseurs n'en oublient pas pour autant les défis auxquels le futur patron devra faire face.

PSA a annoncé lundi que Carlos Tavares, ancien numéro deux de Renault, remplacerait Philippe Varin à la présidence du directoire courant 2014.

"L'annonce cette semaine que monsieur Tavares succédera à Varin, le dirigeant en place actuellement, est sans aucun doute un signal favorable en termes de positionnement à long terme de PSA", commente dans une note Barclays, qui a relevé son objectif de cours sur la valeur de 4 à 6 euros.

De nombreux investisseurs soulignent d'ailleurs la très grande expérience de Carlos Tavares dans le secteur automobile et dans sa gestion des alliances au niveau international.

"Carlos Tavares a démontré par le passé sa capacité à gérer des alliances internationales avec l'expérience de Renault et Nissan, ce qui est intéressant dans la perspective d'un rapprochement entre PSA et Dongfeng", souligne un vendeur actions en poste à Paris.

Selon des sources proches du dossier, PSA se tourne maintenant vers le chinois Dongfeng pour accélérer son développement international après avoir scellé début 2012 une alliance avec l'américain General Motors. D'après ces sources, PSA envisagerait une augmentation de capital qui verrait l'Etat français et Dongfeng, déjà partenaire de PSA, prendre chacun une participation dans le groupe.

BESOIN D'UNE SOLUTION RAPIDE POUR LE CASH

Pour JPMorgan, la nomination de Carlos Tavares, associée aux progrès réalisés par le groupe dans sa restructuration en Europe et une possible augmentation de capital, va permettre de renforcer le travail déjà "efficace" réalisé par Philippe Varin et Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier de PSA.

Le groupe, confronté depuis deux ans à l'une des pires crises de son histoire, a brûlé trois milliards d'euros de cash en 2012. Mais il a confirmé en octobre ses objectifs de réduction de consommation de free cash flow opérationnel en 2013 et 2014 au vu de l'avancement de son plan de restructuration en France.

"PSA a besoin d'une solution pour le cash qu'il brûle et rapidement", prévient Barclays.

"Varin a travaillé dur pour réduire les coûts, s'est focalisé sur le cash et a fait de bons progrès sur la capacité (de production, NDLR). La route reste encore longue et nous nous attendons à ce que PSA brûle encore 1,1 milliard d'euros en 2014", ajoute le broker.

Carlos Tavares commencera par siéger au directoire de PSA à partir du 1er janvier afin de se familiariser avec l'entreprise. Selon JPMorgan, cette revue du groupe pourrait durer jusqu'en février.

A 11h25, le titre PSA grimpe de 2,5% à 11,70 euros. Depuis le début de la semaine, PSA gagne 14,7% contre +0,8% pour l'indice SBF 120 et +1,5% pour le secteur européen, les investisseurs ne prêtant guère d'attention à la retraite-chapeau de Philippe Varin.

Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant