Le marché britannique de l'immobilier d'entreprise tourne au ralenti, selon La Française

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(AOF) - "Malgré la perspective du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union Européenne, dont nous connaissons aujourd'hui l'issue, la croissance a accéléré au second trimestre 2016", souligne La Française, dans sa lettre trimestrielle de septembre 2016 de La Française Immobilier & Perspectives. La croissance a ainsi atteint 0,6 %, portée par une consommation soutenue, après 0,4 % au premier trimestre.

Les effets négatifs du Brexit devraient se faire sentir dès le second semestre 2016 et plus fortement encore en 2017 et impacter tout particulièrement les investissements des entreprises (emploi). Toutefois d'importantes mesures pour soutenir l'activité ont déjà été annoncées, pour une mise en œuvre attendue dès l'automne. Outre la baisse de son taux directeur, une première depuis 2009 (de 0,5 % à 0,25 %), la Bank of England a entamé une vaste opération de rachat d'obligations et a prévu d'octroyer 100 milliards de livres supplémentaires aux banques, afin qu'elles soutiennent l'investissement.

Cependant, avant même l'annonce du Brexit, les marchés locatifs et de l'investissement avaient déjà enregistré un affaiblissement de l'activité, constate la société de gestion. Ainsi, après un début d'année relativement dynamique, la demande placée s'est effritée au second trimestre. Avec 240 000 m2 commercialisés, elle enregistre son plus bas niveau depuis le 3e trimestre 2012, en baisse de 22 %. Aucune transaction supérieure à 3 500 m2 n'a été recensée ce trimestre, alors que cinq avaient dépassé les 10 000 m2 au premier trimestre.

Les investissements enregistrent une nouvelle baisse au second trimestre. Ils subissent le fort attentisme des investisseurs dans la perspective du référendum depuis plusieurs mois. L'activité des investisseurs britanniques s'est avérée très réduite, explique La Française. Ils ont procédé à de nombreuses mises en vente et ont alimenté un marché, majoritairement animé par les investisseurs étrangers, qui réalisent 73 % du volume total. Les taux de rendement " prime " sont demeurés inchangés depuis cinq trimestres, résultat d'une demande investisseurs moins soutenue et de mises en vente plus importantes depuis un an.

Selon La Française, l'attentisme des investisseurs devrait perdurer et engendrer une baisse des acquisitions au second semestre. Les taux de rendement devraient ainsi remonter dès la fin de l'année, en particulier sur les actifs " prime ". Les valeurs vénales pourraient ainsi baisser dans les prochains mois. Le Brexit devrait ainsi avoir un impact assez marqué à court-terme sur le marché de l'immobilier d'entreprise, à Londres en particulier.

Pour les investisseurs étrangers, l'ajustement des prix sera amplifié par la dépréciation de la Livre, restaurant ainsi la compétitivité du marché à moyen terme. Les transactions devraient ainsi redémarrer en fin d'année 2017 et plus franchement à partir de 2018, entraînant une re-compression progressive des taux de rendement " prime ". Grâce à ses fondamentaux solides mais aussi à la forte réactivité de l'économie et du marché britannique, Londres devrait avoir traversé relativement rapidement cette zone de turbulence et retrouvé sa position de marché prédominant en Europe à sa sortie officielle de l'Union Européenne, conclut la société de gestion.

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