Le marché américain de l'emploi moins dynamique qu'attendu

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L'ÉCONOMIE AMÉRICAINE A CRÉÉ MOINS D'EMPLOIS QUE PRÉVU EN AOÛT
L'ÉCONOMIE AMÉRICAINE A CRÉÉ MOINS D'EMPLOIS QUE PRÉVU EN AOÛT

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a créé moins d'emploi qu'attendu en août, montrent les statistiques officielles publiées vendredi, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à différer la diminution annoncée de ses achats de dette sur les marchés.

Le département du Travail a recensé 169.000 créations de postes non agricoles le mois dernier alors que les économistes interrogés par Reuters en anticipaient en moyenne 180.000.

Le taux de chômage, attendu stable, a lui baissé à son plus bas niveau depuis décembre 2008, à 7,3% contre 7,4% en juillet, mais ce recul s'explique principalement par l'augmentation du nombre d'Américains renonçant à chercher du travail.

Les embauches ont non seulement été moins importantes que prévues le mois dernier, mais les chiffres des créations d'emplois en juin et juillet ont été révisés à la baisse, avec 74.000 nouveaux postes en moins au total qu'annoncé précédemment.

De plus, le taux de participation, qui reflète la proportion d'Américains en âge de travailler et qui occupent un emploi ou en cherchent un, est tombé à son plus bas niveau depuis 35 ans.

Mis à part le nombre décevant d'embauches et la baisse en trompe-l'oeil du taux de chômage, les chiffres sur l'emploi du mois d'août sont mitigés, avec une hausse du salaire horaire moyen et de la durée de travail hebdomadaire, qui avaient légèrement baissé le mois précédent.

INDICATEURS CONTRADICTOIRES

L'ensemble de ces chiffres éloigne la perspective d'une diminution imminente des 85 milliards de dollars de rachats d'actifs mensuels de la Fed, dont la banque centrale doit débattre au cours de sa réunion de politique monétaire des 17 et 18 septembre.

Ce troisième volet de la politique d'"assouplissement quantitatif" (quantitative easing, QE) de la Fed vise à faire baisser les taux d'intérêt, donc à soutenir le crédit et l'activité économique, mais le président de la banque centrale, Ben Bernanke, a annoncé en mai que ces achats devraient commencer prochainement à diminuer, selon un calendrier et à un rythme lié entre autres à l'évolution du chômage.

Dans une enquête publiée le mois dernier par Reuters, une majorité d'économistes estimaient que la reprise économique devrait ramener le taux de chômage à 7% d'ici la mi-2014 et que la Fed pourrait donc réduire dès le mois prochain son soutien aux marchés.

"Même la Réserve fédérale devrait conclure à une modération de la tendance observée par l'emploi, et pour cette seule raison, elle réfléchira sans doute à deux fois à un ralentissement des rachats d'obligations ce mois-ci", estime désormais Cary Leahey, du cabinet new-yorkais Decision Economics.

Les indicateurs économiques inférieurs aux attentes publiés ces dernières semaines sur la consommation, l'immobilier et la construction ou encore la production industrielle, ont déjà alimenté les inquiétudes sur la solidité de la reprise de la première économie mondiale.

Ces craintes ont cependant été en partie apaisées cette semaine par des chiffres traduisant une forte hausse du marché automobile en août et le dynamisme du secteur des services.

Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

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