Le mal de Cruyff

le
0
Le 26 juin 1974, Cruyff inscrit le 4e but face à l'Argentine.
Le 26 juin 1974, Cruyff inscrit le 4e but face à l'Argentine.

La première fois, c'était à Colombes, un après-midi de printemps, un match d'appui de Coupe d'Europe entre Benfica Lisbonne et son équipe de l'Ajax Amsterdam. Il traversa le terrain comme un éclair et il ruina presque à lui seul tous les espoirs des Portugais. Il avait 21 ans, des cheveux aux épaules, une attitude désinvolte, insolente, rebelle, tête haute et fière, il ne semblait pas toucher le sol, il l'effleurait seulement ; on eût dit un danseur, mais c'en était un, c'était à s'y méprendre Rudolf Noureev ; on eût dit un chanteur de groupe, une rock star, mais c'en était un et une, c'était à y regarder de plus près Mick Jagger.

Bref, ce fut une révélation, un choc, comme un dernier pavé lancé, si j'osais. Ce joueur-là, cet attaquant-là, ne ressemblait à aucun autre, et tous, oui tous, voudraient un jour lui ressembler. N'épuisons pas tous les superlatifs. Disons simplement qu'il incarnait de manière si vivante une époque, c'est vrai encore légère - nous étions en queue des Trente Glorieuses -, sachant conjuguer esthétisme et efficacité, mariant pied de nez et coup de pied au derrière de qui voulait se mettre en travers de son chemin.

Sauf la Coupe du monde...

Un soir, il vint à Marseille avec sa bande de chevelus de cet Ajax impitoyable, et l'OM de Skoblar et de Magnusson fut lessivée, tordue, puis pendue au fil...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant