Le maïs américain, trop cher pour les importateurs

le
0

Commodesk - Les acheteurs de maïs se détournent des Etats-Unis au profit de l'Amérique latine. La différence de prix commence toutefois à se resserrer.

Les exportations américaines de maïs sont exceptionnellement faibles depuis le début de la campagne 2012-2013. Entre le 1er septembre et le 1er novembre, 4,1 millions de tonnes ont été exportées selon le département américain de l'Agriculture (USDA), contre 6,4 millions de tonnes l'année dernière à la même date et 8,1 millions en 2010.

Une faiblesse des stocks qui fait s'envoler les prix

En cause, naturellement, la sécheresse historique qui a touché la Corn Belt américaine cet été. Les stocks du pays étaient déjà maigres avant la récolte, d'où une flambée des prix, dans le monde entier, mais de manière bien plus virulente sur le marché local. Ce décrochage de la compétitivité par rapport aux concurrents a conduit les importateurs à se tourner vers d'autres fournisseurs, particulièrement en Amérique latine.

Le Japon par exemple, premier importateur mondial avec 15 millions de tonnes attendues cette année, a drastiquement réduit ses importations en provenance des ports américains au profit du Brésil et de l'Ukraine. Le Mexique (8,5 millions de tonnes d'importations attendues), dépendant des importations pour le maïs destiné à l'alimentation du bétail, poursuit la diversification de son approvisionnement. Idem pour l'Egypte (5,5 millions de tonnes), qui se tourne vers l'Amérique latine, ou encore la Chine, qui a cessé ces derniers mois d'importer en provenance des Etats-Unis et a signé ses premiers contrats avec l'Argentine.

Même les consommateurs américains, dissuadés par les prix locaux, importent des volumes jamais vus en provenance d'Amérique latine. Les importations américaines pourraient atteindre 2,5 millions de tonnes cette année.

Le maïs américain regagne en compétitivité

Toutefois, note l'USDA, le maïs américain commence ces dernières semaines à regagner en compétitivité, par un logique retour de balancier. Les prix américains ont tendance à se replier, tandis que ceux d'Amérique du Sud ont gagné 20 dollars par tonne depuis un mois et que ceux des environs de la mer Noire sont remontés tout près de leur pic de fin juillet. Par ailleurs, les cargaisons en provenance du Brésil subissent des retards en raison des volumes inhabituels.

Les prévisions d'exportations américaines n'en restent pas moins prévues à leur plus bas niveau depuis 40 ans pour la campagne en cours, à 31 millions de tonnes, tandis que celles du Brésil et de l'Argentine atteindraient de nouveaux records, à respectivement 21 et 17,5 millions de tonnes.

Un affaiblissement plus général du poids des Etats-Unis

La réduction du poids des Etats-Unis sur les marchés s'inscrit dans un mouvement de plus long terme qu'une simple mauvaise année. Entre montée en puissance des concurrents, relative stagnation de la production et augmentation des besoins intérieurs pour l'éthanol, les Etats-Unis perdent des parts de marchés chaque année depuis 2007-2008. Elles avaient alors atteint 62%, contre 33% attendus cette année.

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant