Le Maire invoque le secret fiscal face à la demande de "transparence"

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    * Le ministre de l'Economie livre quelques chiffres 
    * Il esquive l'appel de parlementaires à plus de 
transparence 
 
 (Actualisé avec déclarations supplémentaires de Bruno Le Maire) 
    PARIS, 18 octobre (Reuters) - Bruno Le Maire a défendu sa 
volonté de transparence, tout en invoquant le secret fiscal, 
face à la demande de parlementaires majoritairement de gauche 
exhortant le gouvernement à faire la lumière sur les 
conséquences pour les Français les plus riches des mesures 
inscrites dans le projet de budget 2018.  
    Dans une tribune publiée mardi soir sur le site internet de 
Libération, plusieurs dizaines de "députés, sénateurs et 
citoyens" demandent au gouvernement "de rendre public l'impact 
de ces mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les 
plus aisés et sur les 100 Français les plus riches".  
    "Je rappelle simplement qu'il y a un principe auquel je sais 
que vous êtes attachés, qui est le principe du secret fiscal", a 
dit le ministre de l'Economie et des Finances mardi soir, lors 
de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi de finances 
pour 2018.  
    "Nous ne donnerons aucune information dans cette Assemblée 
qui ne respecterait pas le respect fiscal, qui est un des 
principes fondamentaux de notre législation fiscale et de la 
société française".  
    Pour autant, Bruno Le Maire a fourni quelques chiffres aux 
députés présents.  
    "Les 1.000 plus importants contributeurs à l'ISF paient 406 
millions d'euros, ce qui veut dire que 0,3% des contributeurs à 
l'ISF paient 10% du montant total de l'ISF", a-t-il déclaré. 
     
    ÉVALUATION DANS DEUX ANS    
    La suppression prévue de l'ISF "ne représente pas un gain 
net de 400.000 euros par contributeur, puisque doit se déduire 
de ces 400.000 euros, en moyenne, le paiement de l'IFI", l'impôt 
sur la fortune immobilière qui remplace l'ISF, a poursuivi le 
ministre.  
    Assurant qu'il répondrait aux demandes de "tout ceux qui 
voudront des chiffres complémentaires", Bruno Le Maire a 
également rappelé, pour preuve de la volonté de transparence du 
gouvernement, qu'une évaluation de l'impact des réformes 
fiscales sur l'économie et sur l'emploi était prévue dans deux 
ans.      
    Parmi les signataires de la tribune dans Libération figurent 
des parlementaires socialistes, communistes et de La France 
insoumise, ainsi que le centriste Jean-Christophe Lagarde, qui 
invoquent un "enjeu de transparence démocratique". 
    Globalement, l'équipe gouvernementale rejette l'accusation 
portée par la gauche selon laquelle le projet de loi de finances 
2018 serait un "budget pour les riches". 
    Les critiques de l'opposition se concentrent sur deux 
mesures phares : le recentrage de l'impôt de solidarité sur la 
fortune (ISF) sur le seul patrimoine immobilier et 
l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur 
les revenus du capital. 
    Conçues pour favoriser le risque et la réorientation de 
l'épargne vers le financement des entreprises, elles coûteront 
4,5 milliards d'euros aux finances publiques. 
 
 (Simon Carraud, Marine Pennetier et Myriam Rivet, édité par 
Sophie Louet) 
 
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