Le luxe français met le cap sur la Turquie

le
0
LE SECTEUR FRANÇAIS DU LUXE S'INTÉRESSE À LA TURQUIE
LE SECTEUR FRANÇAIS DU LUXE S'INTÉRESSE À LA TURQUIE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le secteur français du luxe entend pousser ses pions en Turquie, où la croissance économique offre d'importants gisements de croissance malgré de multiples obstacles tarifaires et une contrefaçon massive.

Après la Chine, le Brésil, l'Inde et la Russie, les maisons du Comité Colbert, qui regroupe 75 entreprises françaises du luxe, ciblent maintenant la Turquie, identifiée comme un nouveau relais de croissance avec les autres pays appelés "Civets" (Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud).

La clientèle turque ne représente aujourd'hui que 2% des ventes des maisons du Comité (soit environ 640 millions d'euros sur un chiffre d'affaires combiné de 31 milliards) et sur ce total, 25% des ventes sont réalisées hors du pays.

Mais le marché pourrait décupler dans les dix ans qui viennent, porté par un taux de croissance économique compris entre 5% et 8% par an et par le pouvoir d'attraction d'Istanbul, devenue une importante plaque tournante du tourisme régional.

"Le marché turc est certainement appelé à fortement progresser. Nous pensons qu'il pourrait doubler dans les dix ans à venir", a déclaré à Reuters Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert, en marge d'une conférence présentant les manifestations qui seront organisées en janvier 2013 à Istanbul pour promouvoir le luxe français.

Si l'économie turque signe de forts taux de progression depuis une dizaine d'années, le rythme s'est véritablement accéléré pour les marques françaises depuis deux ou trois ans.

Car Istanbul est devenue une métropole régionale drainant la riche clientèle des pays du Golfe et des pays du Caucase (Arménie, Kazakhstan, Ouzbékistan).

NICOLE BRICQ PLAIDERA POUR LE LUXE FRANÇAIS

"La clientèle turque est aussi très informée et très éduquée avec un goût affirmé pour tous les domaines du luxe", a souligné Elisabeth Ponsolle des Portes. Elle est aussi francophile et son pouvoir d'achat va grandissant, a-t-elle ajouté.

Le développement du luxe français en Turquie reste cependant entravé par d'importantes barrières tarifaires, même si ces dernières sont très inférieures à celles imposées au Brésil ou en Inde.

Les produits de luxe sont soumis à une taxe spéciale de 20%, à laquelle s'ajoute une TVA pouvant atteindre elle aussi 20%.

Le cuir subit une surtaxe de 20% tandis que les produits alimentaires sont encore plus fortement touchés, comme le champagne, frappé d'une taxe atteignant près de 300%.

Le Comité Colbert, qui organisera en janvier plusieurs manifestations culturelles à Istanbul, sera accompagné de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, qui plaidera aussi auprès des autorités du pays pour une meilleure lutte contre une contrefaçon massive.

Selon les données de la chambre de commerce d'Ankara, la Turquie est le deuxième plus grand marché mondial de produits contrefaits.

Plus de 50 maisons du Comité Colbert sont aujourd'hui présentes à Istanbul, installées le plus souvent en partenariat avec des distributeurs locaux.

Certaines griffes profitent d'une prestigieuse vitrine, rue Nisantasi, considérée comme l'avenue Montaigne turque, ou dans le très luxueux centre commercial d'Istinye Park. Deux autres très grands projets de "mall" ouvriront bientôt. En 2013 sur la rive européenne de la ville et en 2015 côté asiatique.

ARTS DE LA TABLE

Si les marques de mode et de maroquinerie comme Louis Vuitton (groupe LVMH), Dior ou Chanel constituent le gros des ventes des griffes françaises dans le pays, la clientèle turque se révèle aussi très friande d'objets d'arts de la table ou de linge de maison.

La maison Christofle, qui a signé toute l'orfèvrerie du légendaire Pera Palace, construit à la fin du 19e siècle, reste perçue comme la marque de référence du luxe français.

Le palais présidentiel de Dolmabahce renferme la plus grande collection de cristal de Baccarat au monde, tandis que celui de Topkapi a les plus belles porcelaines de Sèvres, héritées du goût des Ottomans pour la vaisselle raffinée.

Edité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant