Le luxe devrait enregistrer sa plus mauvaise année depuis 2008

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LE LUXE DEVRAIT ENREGISTRER SA PIRE ANNÉE DEPUIS 2008
LE LUXE DEVRAIT ENREGISTRER SA PIRE ANNÉE DEPUIS 2008

PARIS (Reuters) - La croissance du marché mondial du luxe devrait tomber à 1%-2% à taux de change constants en 2015, son plus bas niveau depuis la crise de 2008, selon une étude du cabinet Bain & Co publiée jeudi avec la fédération italienne Altagamma.

L'année a été rude pour les ventes d'accessoires, montres, bijoux et vêtements de luxe, plombées par le ralentissement de l'économie chinoise, la chute des flux touristiques chinois à Hong Kong et Macao, l'effondrement du tourisme russe et le tassement du marché américain dû à la vigueur du dollar.

LVMH, Kering, Burberry ou Hugo Boss ont tous marqué le pas.

Le marché, qui avait déjà limité sa progression à 3% à taux de change constants en 2014 pour cause de mesures anticorruption en Chine, devrait atteindre 253 milliards d'euros à la fin 2015, contre 224 milliards un an auparavant.

"Le luxe est entré dans une 'nouvelle normalité', marquée par une décélération qui se fait sentir aujourd'hui", estime le cabinet de conseil, qui ne fait pas de prévision pour 2016.

"Nous ne sommes pas négatifs pour l'année prochaine, la croissance pourrait être meilleure grâce à de bons fondamentaux", a déclaré à Reuters Claudia d'Arpizio, faisant allusion à une "évolution favorable du PIB mondial et aux perspectives de reprise en Europe".

L'appétit pour les produits de luxe demeure très important et la demande répond très bien lorsque les produits offrent innovation et créativité, a-t-elle ajouté.

Les ventes de produits de luxe sont tirées par une ruée de la clientèle chinoise (31% du marché mondial) en Europe et au Japon, profitant d'un creusement des écarts de prix lié à l'évolution des taux de change.

A l'inverse, le marché chinois s'est encore contracté tandis qu'à Hong Kong, jadis marché le plus rentable du monde, les ventes se sont effondrées de 25%.

La tendance s'est aussi dégradée aux Etat-Unis, la vigueur du dollar ayant freiné les flux touristiques à destination de New York, Miami ou Los Angeles.

Elargi aux voitures (+8%), à l'hôtellerie (+7%) et au marché de l'art (+6%), le luxe - évalué par Bain à 1.000 milliards d'euros - devrait enregistrer cette année une croissance plus solide de 5% (à taux de change constants).

(Pascale Denis, avec Astrid Wendlandt, édité par Dominique Rodriguez)

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