Le Louvre met à l'honneur le sculpteur baroque Pinsel

le
0
Affiche de l'exposition "Johann Georg Pinsel" All Rights Reserved
Affiche de l'exposition "Johann Georg Pinsel" All Rights Reserved

(AFP) - Le Louvre présente jusqu'au 25 février une exposition consacrée à Johann Georg Pinsel, sculpteur baroque méconnu ayant vécu au XVIIIe siècle, dans l'actuelle Ukraine, dont les oeuvres se caractérisent par une grande expressivité.

En collaboration avec les institutions ukrainiennes, le musée parisien a réuni une trentaine d'oeuvres de cet artiste dont le nom signifie "pinceau" en allemand et dont on connaît mal la biographie. Il serait né vers 1720 et aurait vécu une quarantaine d'années en Galicie, alors territoire polonais.

Sa période d'activité dans les opulentes églises baroques de la région aurait duré une douzaine d'années.

Ses sculptures, la plupart en bois polychrome et doré, offrent dans un style extraverti des scénographies pleines de dramaturgie glorifiant la chrétienté, notamment un "Abraham sacrifiant Isaac" et un "Samson tuant le lion". Autrefois situées dans le choeur de l'église d'Horowica, elles appartiennent désormais à la galerie des Beaux-arts de Lviv (ouest de l'Ukraine).

Une magnifique "Saint-Anne" et "Une vierge de la douleur" permettent de découvrir le talent de ce sculpteur, redécouvert il y a peu.

Victimes de l'indifférence de la part du régime soviétique après 1945, ses oeuvres ont en grande partie été sauvées de la destruction grâce à l'action de Boris Voznitsky (1926-2012), directeur de la Galerie nationale des beaux-arts de Lviv durant une cinquantaine d'années.

A l'époque soviétique, les églises étaient transformées en entrepôt pour céréales ou engrais chimiques et les oeuvres pillées, certaines finissant en bûche dans des poêles.

"Déjà pendant mes études à Leningrad (sous Staline, ndlr), j'avais remarqué que les Russes traitaient leurs monuments historiques avec respect, alors qu'en Ukraine on négligeait, on détruisait même notre patrimoine", a déclaré Boris Voznitsky, dans un entretien cité dans le dossier de presse.

"En province, des milliers d'oeuvres d'art, considérées comme dangereuses du point de vue idéologique, étaient confisquées, détruites ou brûlées. J'ai décidé qu'il fallait tout faire pour les sauver", a ajouté M. Voznitsky, décédé en mai dernier dans un accident de la route, à l'âge de 86 ans.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant