Le Louvre des antiquaires à Paris va fermer

le
0

Le propriétaire, SFL, va transformer les lieux en centre commercial. Réouverture dans trois ou quatre ans.

Fin de cette année? Courant 2016? La date n'est pas fixée. Mais la décision est prise. Le Louvre des antiquaires, situé au c½ur de Paris, à deux pas du Palais-Royal, va fermer. SFL (Société foncière lyonnaise), propriétaire des lieux, va le transformer en centre commercial de 15.000 m2. Au programme, une trentaine de boutiques et quatre magasins de taille plus importante qui accueilleront surtout des enseignes de mode et de luxe. «Ce lieu, qui aura un nouveau nom, pourrait s'appeler le Louvre Saint-Honoré, explique Dimitri Boulte, directeur général délégué de SFL. Nous chercherons à y implanter des enseignes internationales qui ne sont pas encore présentes à Paris.»

SFL a obtenu en décembre 2014 auprès de la commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) l'autorisation d'installer ce type de commerce en lieu et place des galeries d'antiquaires. Depuis, le propriétaire a déposé des permis de construire pour réaménager ce bâtiment. Un chantier de deux ans qui devrait coûter une centaine de millions d'euros, désamiantage compris. Tout cela sans vider les bureaux installés dans les étages de l'immeuble. Compte tenu des délais, ce centre commercial entièrement repensé devrait ouvrir dans trois ou quatre ans.

Ce changement ne ravit pas le maire du Ier arrondissement de Paris, Jean-François Legaret. «Une galerie commerciale, c'est beaucoup plus banal que des galeries d'antiquaires, estime-t-il. En plus, dans le quartier, nous avons déjà des équipements commerciaux avec le Carrousel du Louvre et le Forum des Halles.»

Le palais des courants d'air

En tout cas, cette fermeture du Louvre des antiquaires (LDA) n'est pas une énorme surprise. Au milieu des années 1990, ses 250 emplacements étaient quasiment tous occupés par des galeries d'antiquaires. Aujourd'hui, ce lieu vieillot qui n'a pas été rénové depuis très longtemps ne compte plus qu'une dizaine d'antiquaires. L'hémorragie est continue et régulière. Il y en avait encore 220 en 2000, puis 138 en 2009, 69 en 2010... «C'est devenu le palais des courants d'air, résume Jean-François Legaret. L'agonie aura été beaucoup trop longue.»

Pour expliquer cette désaffection, le propriétaire et les locataires se renvoient la balle. «D'année en année, le LDA s'est vidé, car la formule du centre commercial n'est plus adaptée au commerce d'antiquités», estime Dimitri Boulte. «C'est faux, rétorque un bijoutier encore installé au Louvre des antiquaires. Depuis 2002, SFL ne cherche plus à relouer des galeries quand des antiquaires s'en vont. Cette société prend même les devants en proposant des indemnités d'éviction aux antiquaires avant la fin de leur bail. C'est la raison pour laquelle le LDA s'est vidé.»

SFL rappelle aussi que, fin 2012, elle avait proposé aux antiquaires de rénover le lieu pour relancer le Louvre des antiquaires. «Nous avons abandonné le projet car seulement une dizaine d'antiquaires sur les 45 présents alors nous avaient donné leur accord», raconte Dimitri Boulte. «Nous avons dit non car ce projet était mal fichu, répond le bijoutier. Pendant les deux ans de travaux, nous aurions été relégués tout au fond du LDA, ce qui était suicidaire.» En attendant, SFL devra trouver un compromis avec ces quelques antiquaires encore présents. Ce n'est qu'à leur départ que les travaux de transformation en centre commercial pourront commencer.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant