Le Lorax, une fable écologiste enjouée "made in France" pour Hollywood

le
0
Le Lorax, une fable écologiste enjouée "made in France" pour Hollywood
Le Lorax, une fable écologiste enjouée "made in France" pour Hollywood

(AFP) - Fable écologiste au ton enjoué et aux couleurs acidulées, le film d'animation en 3D des studios Universal Le Lorax, entièrement réalisé à Paris pour les studios Universal, raconte la quête d'un garçon pour replanter des arbres dans une société au décor factice.

Le film, lumineux, qui s'est classé à sa sortie en tête du box office américain, est le dernier long métrage de Chris Renaud, déjà auteur avec le Français Pierre Coffin de Moi, Moche et Méchant, l'un des "cartons" de l'animation au box-office international (plus de 500 millions de dollars à sa sortie). Il est adapté d'un conte du Dr Seuss, auteur américain de livres pour enfants également auteur du Grinch et qui fut aussi caricaturiste politique.

Etrange mélange entre un dessin convenu et un message moins simpliste qu'il n'y paraît, le Lorax raconte les aventures de Ted qui, pour conquérir le coeur de sa jeune voisine Audrey, s'échappe de la ville artificielle de Thneedville afin de lui rapporter un arbre véritable.

Une "ville merveilleuse", "toute en toc et en plastique", chantent, ravis, les habitants au début du film, où les arbres sont remplacés par des lampadaires télécommandés qui changent de couleurs suivant les saisons et où l'air est vendu en bouteille.

Dans sa quête, le jeune garçon va découvrir l'envers du décor, un monde triste et gris où ne subsiste qu'un vieil ermite aigri reclus au milieu de nulle part, le Gash Pilleur, qui va lui raconter la légende du Lorax. Défenseur d'une vallée où jadis poussaient des arbres au feuillage duveteux, le Lorax, étrange boule de poil orange, n'a pu que constater le déclin de la nature et l'exil de sa population.

Ce cynisme est entrecoupé de scènes plus formatées, portant l'empreinte des grandes productions américaines, ce que défend son réalisateur.

"Il fallait créer un film que les gens aient envie de voir, garder le message du livre tout en étant acceptable", a expliqué Chris Renaud lors de l'avant-première à Annecy.

"Cela aurait été une erreur de faire un film sombre qui corresponde totalement au livre", ajoutait-il, alors que le film a occupé pendant plusieurs semaines au début de l'année la tête du box office américain, engrangeant depuis mars plus de 300 millions de dollars de recettes (dont 214 aux Etats-Unis).

La fable entrecoupée de scènes chantées permet de "faire passer le message plus facilement", reconnaît le réalisateur, qui réfute l'idée d'un film anticapitaliste.

"Le ton est ironique, on chante des faits qui ne devraient pas être fêtés", nuance-t-il en référence à la joie exprimée par les habitants de vivre dans un monde entouré de parkings, où "les arbres ne font pas de saleté" et les enfants ressemblent à des "néons" en sortant des piscines.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant