Le leader du parti indépendantiste flamand N-VA, Bart de Wever, célèbre sa victoire aux municipales d'Anvers le 14 octobre 2012

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Les indépendantistes flamands sont sortis grands gagnants des élections municipales dimanche en Belgique, avec la victoire de leur chef Bart De Wever à Anvers et une poussée de son parti dans toute la Flandre, ce qui risque d'ébranler le fragile équilibre politique en Belgique.Après le dépouillement de plus de deux tiers des bureaux à Anvers (nord), la liste Nouvelle alliance flamande (N-VA) était créditée de 36,3% des voix, ou 22 sièges sur 55, précédant largement celle du bourgmestre (maire) sortant, le socialiste Patrick Janssens, qui gagnerait que 29,6% des voix et 17 sièges au conseil municipal."C'est un dimanche jaune et noir!" s'est exclamé devant ses troupes M. De Wever, en parlant de jour "historique". Il a aussitôt lancé un appel au Premier ministre, le socialiste francophone Elio Di Rupo, pour qu'il négocie avec lui une réforme de l'Etat ouvrant la voie à une confédération."Les Flamands doivent pouvoir gérer (la Flandre) comme ils l'entendent. C'est pourquoi je fais un appel à Elio Di Rupo et aux politiciens francophones : prenez vos responsabilités et préparez avec nous la réforme confédérale", a lancé le leader populiste.M. Janssens a reconnu sa défaite, qui met fin à plus de 80 ans de règne socialiste sur la ville, et affirmé que l'initiative de former une coalition pour diriger la première ville de Flandre revenait à M. De Wever.Dans l'ensemble de la Flandre, la N-VA fait aussi une percée avec des scores entre 20 et 30%, selon des résultats partiels, et réussit donc à s'implanter localement."C'est dramatique, mais c'était prévisible", a réagi le président des Fédéralistes démocrates francophones (FDF), Olivier Maingain. "C'est pour Elio Di Rupo un échec personnel, qui prouve que le gouvernement actuel n'a pas réussi à calmer les appétits des nationalistes flamands", a-t-il ajouté.Depuis la fin, en décembre 2011, de la plus longue crise politique de l'histoire de la Belgique, une large coalition de six partis (trois flamands et trois francophones) de gauche, du centre et de droite, soutient au niveau fédéral le gouvernement conduit par le socialiste francophone Elio Di Rupo.Le long blocage politique avait été largement le fait de la N-VA, qui, bien que devenue la première force politique de la Flandre avec plus de 28% des voix, avait préféré rester dans l'opposition face aux formations traditionnelles.Bart De Wever, qui s'est imposé de manière fulgurante après son apparition sur la scène politique il y a seulement sept ans, a su faire fructifier cette position en Flandre en jouant "l'outsider seul contre tous", selon le politologue Dave Sinardet. A Anvers, il est aussi parvenu à siphonner les voix du parti d'extrême droite Vlaams Belang, qui chute de plus de 33% il y a six ans à moins de 10% cette année.Dans son dernier discours de campagne, il avait exhorté samedi les Flamands à "envoyer un message clair" au gouvernement: "Nous en avons assez! Assez d'être pris pour des vaches à lait. Nous n'en pouvons plus de l'immobilisme fédéral. Nous n'acceptons plus la mauvaise gestion économique".L'objectif affiché de M. De Wever est d'aborder en position de force les législatives prévues en 2014, jugées d'ores et déjà décisives pour l'avenir du pays.Au total, près de huit millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour les élections municipales pour renouveler les bourgmestres (maires) et leurs équipes dans les 589 communes du royaume lors d'un scrutin à la proportionnelle à un tour.En Wallonie, la région francophone du sud du pays, le Parti socialiste garde sa prééminence, en dépit de l'impact fiscal et social des mesures d'austérité du gouvernement Di Rupo. Il conserve notamment les villes de Charleroi et de Liège.

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