Le Lantus de Sanofi n'influence pas le risque cardiovasculaire

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par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Le Lantus de Sanofi, utilisé au stade précoce du diabète de type 2, n'a aucun impact sur les complications cardiovasculaires liées à cette maladie mais n'augmente pas le risque de cancer, selon une étude présentée lundi par le groupe français au congrès scientifique de l'Association américaine du diabète (ADA).

Bien que des résultats positifs sur les risques cardiovasculaires auraient pu élargir l'utilisation du Lantus, l'étude de Sanofi a le mérite d'écarter le lien entre le Lantus et un risque accru de cancer évoqué précédemment par des chercheurs.

Elle a en outre confirmé deux effets secondaires connus du Lantus, l'hypoglycémie et une faible prise de poids, jugés "mineurs" par Hertzel Gerstein, docteur de l'université canadienne McMaster et investigateur principal de cette étude, cité dans un communiqué de l'ADA.

Enfin, l'étude a aussi permis de constater que le Lantus ralentissait de 28% la progression de la maladie du pré-diabète vers le diabète de type 2 chez les personnes à haut risque.

Sanofi a de son côté annoncé la prolongation de deux ans de cette étude, appelée Origin, afin d'approfondir sa connaissance du diabète, une maladie en forte expansion dont le laboratoire français a fait un axe important de son développement.

PAS D'EFFETS NOCIFS À LONG TERME

Injecté quotidiennement aux stades précoces du diabète de type 2, le Lantus "n'accroît ni de réduit les risques d'attaques cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux, de cancers ou de décès d'origine cardio-vasculaire", écrivent les auteurs de l'étude.

Conduite pendant six ans, Origin, dont le but était d'évaluer les effets du Lantus sur le risque de survenue d'événements cardiovasculaires, a concerné 12.500 personnes à haut risque cardio-vasculaire présentant un prédiabète ou un diabète précoce de type 2 (90% des diabètes).

Certains ont reçu une injection quotidienne de Lantus et d'autres des soins standards.

Les chercheurs n'ont constaté aucune différence entre les deux groupes concernant les troubles cardio-vasculaires ou le développement de quelque type que ce soit de cancer, ce qui permet de penser que les injections quotidiennes de Lantus visant à normaliser le taux de glucose dans le sang n'ont pas d'effets nocifs lorsqu'elles sont prises sur une longue période, indique l'ADA dans son communiqué.

Lors d'études précédentes, un lien avait été évoqué entre le Lantus et des attaques cardiaques ainsi que plusieurs types de cancer. Mais, rappelle l'ADA, aucune étude n'avait examiné les conséquences sur la survenue de ces maladies de l'utilisation prolongée du traitement sur une population importante.

"Nous savons (aujourd'hui) que l'insuline Glargine (Lantus) permet d'assurer un excellent contrôle de la glycémie, ralentit la progression de la dysglycémie (pré-diabète) et n'a pas d'effets graves à long terme sur la santé", conclut le Dr Gerstein.

Le Lantus, qui rivalise avec le Levemir de Novo Nordisk ou le Byetta d'Eli Lilly, a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros (4,9 milliards de dollars), soit 12% des ventes totales de Sanofi.

Les ventes du Lantus devraient grimper à 6,5 milliards de dollars (4,86 milliards d'euros) en 2014, d'après les prévisions moyennes établies par Thomson Reuters Pharma.

L'action Sanofi a clôturé lundi sur une note stable à 54,95 euros à la Bourse de Paris, sous-performant l'indice sectoriel européen de la pharmacie (+0,27%) mais surperformant le CAC 40 (-0,29%).

Edité par Dominique Rodriguez

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