Le lancement des ETF cuivre de JP Morgan contesté

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Commodesk - La banque JP Morgan lance des ETF (exchange-traded funds) assis sur le cuivre physique, au grand dam des utilisateurs américains du métal raffiné. Les investisseurs pourront se positionner sur le métal rouge comme ils l'ont fait auparavant sur l'or, l'argent ou le palladium.

Les ETF sont des instruments de placement financiers indirects, fonctionnant avec des certificats de détention d'un actif physique réel sur le London Metal Exchange.

La banque précise qu'elle étaie son fonds JPM XF Physical Copper Trust par 61.800 tonnes de cuivre en stock dans ses entrepôts. Avec la financière BlackRock, qui veut retirer 121.200 tonnes du marché - mais n'a pas encore obtenu d'autorisation pour son fonds iShares Copper Trust - cela ne représenterait qu'une goutte d'eau par rapport au cuivre raffiné produit annuellement, 19.790.700 tonnes en 2011.

Ce n'est pas le point de vue des industriels, fournisseurs de pièces électriques ou fabricants de câbles, qui jugent l'autorisation délivrée en décembre par la Commission des opérations de bourse (SEC) à JP Morgan irresponsable et arbitraire. Ces professionnels craignent que le stockage de cathodes de cuivre à des fins spéculatives provoque des distorsions et des ruptures d'approvisionnement sur le marché américain. Les 61.800 tonnes de cuivre raffiné retirés de la circulation par JP Morgan représentent le tiers des volumes disponibles pour un usage immédiat, soulignent-ils (environ un quart du stock mondial du LME, qui met des mois à être débloqué). La banque crée donc artificiellement un effet de rareté qui ne manquera pas de se répercuter dans les cours du métal rouge.

Goldman Sachs (partenaire de BlackRock) jugeait en 2010 qu'un tel produit financier exacerberait la volatilité du cuivre sur les marchés, et aggraverait le déficit américain en la matière. Fondamentalement, selon le courtier, des ETF physiques feront que les prix du cuivre livré dans le futur seront supérieurs au cours présent. Cela ne correspond pas à une nouvelle demande, analysait Goldman Sachs, mais simplement à l'intervention d'un nouvel acteur qui finance un stockage de cuivre, sachant que la matière sera demandée à l'avenir.

Les utilisateurs industriels rappellent aussi la spéculation d'un trader de la banque japonaise Sumitomo, qui était parvenu à faire exploser les cours en 1995-1996 en accaparant l'essentiel des volumes futurs disponibles. Sans s'en rendre compte, les investisseurs en ETF cuivre de JP Morgan provoqueraient des perturbations sur le marché, affirment les plaignants.

Les ETF cuivre lancés ces cinq dernières années n'ont pas attiré énormément de capitaux, sauf ceux d'UBS, qui ont collecté plus de 100 millions de dollars. Leur contrepartie en métal ne dépasse pas pour l'instant quelques milliers de tonnes.

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