Le lancement de la mission européenne en Centrafrique menacé

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PARIS MET EN GARDE CONTRE UNE MOBILISATION INSUFFISANTE POUR LE DÉPLOIEMENT D'UNE FORCE DE L'UE EN CENTRARFRIQUE
PARIS MET EN GARDE CONTRE UNE MOBILISATION INSUFFISANTE POUR LE DÉPLOIEMENT D'UNE FORCE DE L'UE EN CENTRARFRIQUE

BRUXELLES (Reuters) - La mission européenne de maintien de la paix en République centrafricaine ne verra pas le jour si des efforts ne sont pas consentis rapidement par les pays de l'UE, ont déclaré vendredi les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères.

Le déploiement d'un millier de militaires européens en RCA, décidé le 10 février dernier, est prévu pour le mois de mars mais seulement quatre cinquièmes des forces prévues sont pour l'heure pourvues, selon des sources européennes.

"A ce jour, en dépit des contributions annoncées par quelques Etats européens, force est de constater que le compte n'y est pas", écrivent Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius dans un communiqué commun.

"Si un effort supplémentaire n'est pas réalisé très rapidement, il ne sera pas possible de lancer comme prévu cette opération indispensable la semaine prochaine", ajoutent-ils.

L'UE a annoncé son intention d'envoyer entre 800 et 1.000 militaires en Centrafrique, en soutien aux 6.000 hommes d'une mission africaine Misca et aux 2.000 soldats français présents sur place pour ramener la paix civile dans ce pays plongé dans le chaos depuis un an.

L'UE a organisé jeudi sa quatrième conférence depuis février au sujet de la future mission, mais les gouvernements se sont pour le moment engagés à pourvoir seulement quatre cinquièmes des forces prévues, selon une source européenne.

"L'Union européenne doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité internationale, la France appelle vigoureusement ses partenaires a s'en donner les moyens", estiment les deux ministres.

MANQUE DE MOBILISATION

Face au manque de mobilisation des pays européens, le général Philippe Pontiès, le chef de l'opération Eufor-RCA, devrait annoncer ne pas être en mesure de recommander en l'état le lancement de la mission européenne, dit une source européenne.

Selon un courrier adressé par la porte-parole de la diplomatie européenne Catherine Ashton aux gouvernements de l'UE, l'opération devait initialement être lancée lundi.

Mais "ces plans sont menacés par les difficultés observées dans la mobilisation des capacités nécessaires à la mise en place de la force de l'UE", estime-t-elle.

"À long terme, l'UE risquerait de perdre sa crédibilité", ajoute-t-elle. "En effet, on a annoncé notre déploiement à nos partenaires en République centrafricaine et dans la région, à l'Union africaine et à l'Onu."

Les affrontements, qui opposent les rebelles musulmans de l'ex-Séléka, auteurs d'un coup d'Etat en 2013, et des milices chrétiennes "anti-balaka" organisées en groupes menant des représailles, ont fait des milliers de morts civils depuis le début de la crise centrafricaine.

L'Onu a évoqué début mars un "nettoyage ethnique" anti musulman dans le pays.

(Adrian Croft, Julien Dury pour le service français)

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  • j.tavern le vendredi 14 mar 2014 à 14:55

    L'UE peace and love doit payer l'armée Américaine pour intervenir en Centrafrique entre autre. Quelle c onnerie l'UE avec juste son euro-mark comme résultat final et ses milliers d'élus et fonctionnaires nantis au moins ça et vive les USA pour la Défense des 28 pays UE.

  • d.barbar le vendredi 14 mar 2014 à 14:32

    Ben voilà ce qui arrive à force de baisser le budget de la défense et par voie de conséquence les effectifs. Même plus capable de faire seul des opérations de petites envergures. Mais quels gouvernements de bouffons menteurs avons -nous.....?