Le Labour va virer à gauche avec la probable élection de Jeremy Corbyn

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LONDRES, 12 septembre (Reuters) - Les travaillistes britanniques vont vraisemblablement porter ce samedi Jeremy Corbyn à la tête du parti, un parlementaire de 66 ans encore relativement inconnu il y a quelques mois qui s'est imposé avec un programme anti-austérité tranchant fortement avec principes centristes du "New Labour" de l'ancien Premier ministre Tony Blair. Ce dernier et nombre d'autres cadres du parti n'ont pourtant eu de cesse de dire que le parti travailliste allait s'éloigner du pouvoir pendant des années si Jeremy Corbyn, partisan de nationalisations, d'une hausse des dépenses publiques et d'un alourdissement de la fiscalité sur les entreprises et les plus fortunés, était élu. "Il faut qu'il y ait un investissement de l'Etat pour susciter une croissance de l'économie. Ce n'est pas en taillant dans les dépenses qu'on se fraye un chemin vers la croissance (...)", a déclaré Jeremy Corbyn lors de son dernier meeting de campagne à Londres. Le nom du vainqueur du scrutin, au cours duquel 600.000 adhérents, partisans et membres de syndicats affiliés au Labour sont appelés à voter, devrait être annoncé vers 10h30 GMT. Après la défaite électorale subie en mai par le Labour, sa plus cuisante depuis 1987, quatre prétendants s'affrontent pour succéder à Ed Miliband au terme d'une campagne présentée par Tony Blair, vainqueur de trois élections successives en 1997, 2001 et 2005, comme une lutte douloureuse entre le coeur et la raison pour les travaillistes. Le Parti travailliste risque un "anéantissement" s'il porte à sa tête le représentant de son aile gauche, Jeremy Corbyn, a jugé Tony Blair dans une tribune publiée jeudi par le Guardian. "Le parti avance les yeux fermés, bras tendus, sur un fil de crête au-dessus de rochers tranchants", avait-il dit. ID:nL5N10O1UF Mais la promesse de Jeremy Corbyn d'augmenter les dépenses publiques en ayant recours à la planche à billets a trouvé en écho auprès de jeunes électeurs et des socialistes, qui s'étaient détournés du parti lors de son déplacement vers le centre. Le fait que le vote pour la direction du Labour a été ouvert à des personnes qui n'en sont pas membres a accentué l'avance de Jeremy Corbyn sur ses trois concurrents. Parmi ceux-ci figurent Yvette Cooper et Andy Burnham, qui s'inscrivent dans le sillage d'Ed Miliband, et Liz Kendall qui tente de refaire vivre la plate-forme centriste de Tony Blair. Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix, les deuxièmes choix exprimés par les électeurs seront pris en compte dans le total des suffrages. Cela pourrait nuire à Jeremy Corbyn, dont les trois adversaires occupent peu ou prou le même créneau. (William James, Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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