Le Kenya identifie l'un des auteurs de l'attaque de Garissa

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* Le fils d'un responsable local parmi les assaillants * L'attaque de jeudi a fait 148 morts * Sécurité renforcée autour des églises pour Pâques * (Précisions) par Edith Honan GARISSA, Kenya, 5 avril (Reuters) - Le fils d'un responsable gouvernemental kényan figurait parmi les assaillants islamistes qui ont tué près de 150 personnes jeudi à l'université de Garissa, dans l'est du Kenya, a annoncé dimanche le ministère de l'Intérieur. "Le père a signalé aux services de sécurité que son fils avait disparu de la maison et il aidait la police à retrouver sa trace au moment où l'attaque terroriste s'est produite", a déclaré Mwenda Njoka, porte-parole du ministère. Abdirahim Abdoullahi faisait partie du commando de quatre hommes qui a mené l'attaque revendiquée par le groupe islamiste somalien Al Chabaab. Son père, un Kényan d'ethnie somalie, occupe des fonctions officielles dans le comté de Mandera, près de la frontière somalienne. Le gouvernement kényan savait que le jeune homme, ancien étudiant en droit à l'université de Nairobi, avait rejoint les Chabaab après avoir obtenu son diplôme en 2013, a dit à Garissa un responsable local qui a requis l'anonymat. "C'était un très brillant sujet et puis il a adopté ces idées insensées", a-t-il ajouté. Les mesures de sécurité ont été renforcées autour des églises du pays en ce dimanche de Pâques. A Nairobi, deux policiers armés de fusils d'assaut AK-47 étaient postés à l'entrée de la cathédrale, la basilique de la Sainte-Famille, et des policiers en civil étaient déployés à l'intérieur de l'édifice religieux. SÉCURITÉ RENFORCÉE Des agents de sécurité privés, équipés de détecteurs de métaux, étaient également présents à l'entrée. A Garissa, où une douzaine de personnes avaient péri dans des attaques contre des églises en 2012, six soldats étaient en faction devant l'église principale de la ville. Un couvre-feu nocturne a été imposé le long de la frontière avec la Somalie. Samedi, dans un discours à la nation, le président Uhuru Kenyatta a affirmé que les combattants Chabaab ne réussiraient pas à instaurer un califat au Kenya. Le Kenya fera "tout pour défendre son mode de vie", a-t-il dit, demandant l'aide de la communauté musulmane locale pour lutter contre les islamistes. Il a reconnu que le combat contre les Chabaab était difficile à mener car, a-t-il dit, ceux qui ont organisé et financé l'attaque de jeudi "sont solidement intégrés" dans la population. Le ministère kényan de l'Intérieur a annoncé l'arrestation de cinq suspects, quatre Kényans d'origine somalienne et un Tanzanien. Il a précisé que d'autres personnes recherchées tentaient de fuir en Somalie. L'homme qui aurait conçu et préparé l'attaque serait Mohamed Mohamud, un ancien enseignant d'une école coranique de Garissa actuellement en fuite. Les autorités offrent une récompense de 20 millions de livres kényanes (215.000 dollars) pour son arrestation. NOUVELLES MENACES DES CHABAAB "La radicalisation qui engendre le terrorisme n'a pas lieu la nuit, dans la brousse. Elle se déroule au grand jour, dans les écoles coraniques, dans les maisons et dans les mosquées qui ont des imams dévoyés", a déclaré le président Kenyatta. Sur une population totale de 44 millions d'habitants, le Kenya compte environ 10% de musulmans. L'attaque de jeudi à Garissa a fait 148 morts. Plus de 400 personnes ont été tuées par les Chabaab en territoire kényan depuis deux ans, lorsque Kenyatta a accédé à la présidence. Les habitants de Garissa ont réagi avec colère au massacre, mettant en cause la faiblesse des mesures de sécurité. Seuls deux gardes étaient en service au moment de l'attaque, malgré les rumeurs sur une prochaine opération des islamistes contre une université kényane. Al Chabaab a menacé samedi le Kenya de nouvelles attaques. "Aucun niveau de précaution, aucune mesure de sécurité ne sera en mesure d'assurer votre sécurité, de déjouer une nouvelle attaque ou d'empêcher de nouveaux bains de sang dans vos villes", déclarent les miliciens islamistes somaliens dans un communiqué. Ils annoncent que "le sang ruissellera dans les rues kényanes". "La guerre sera longue et atroce et vous en serez les premières victimes", ajoutent-ils à l'adresse des Kényans. (Drazen Jorgic à Nairobi et Joseph Akwiri à Mombasa; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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