Le Kenya détruit un vaste stock d'ivoire

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    par Ben Makori 
    NAIROBI, 30 avril (Reuters) - Le président kényan Uhuru 
Kenyatta a mis le feu samedi à des milliers de défenses 
d'éléphant et de cornes de rhinocéros pour afficher la 
détermination de son pays à lutter contre le trafic d'ivoire.  
    Quelque 105 tonnes d'ivoire provenant d'environ 8.000 
animaux ont été détruits par les flammes sur le site du parc 
national de Nairobi, proche de la capitale. 
    Avant de procéder à l'incinération, la plus importante du 
genre, le chef de l'Etat a répondu aux critiques déplorant la 
perte pour le Kenya d'un tel trésor, estimé à 150 millions de 
dollars environ sur le marché noir.  
    "Pour nous, l'ivoire ne vaut rien sauf lorsqu'il est sur nos 
éléphants", a déclaré Uhuru Kenyatta.  
    Richard Leakey, célèbre anthropologue et défenseur de 
l'environnement, a exhorté d'autres pays à suivre les pas de 
Nairobi et à détruire eux aussi leurs stocks d'ivoire. 
    Le Kenya réclamera une interdiction totale des ventes 
d'ivoire dans le monde lors de la prochaine conférence des 
parties de la Convention sur le commerce international des 
espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction 
(CITES), en septembre-octobre à Johannesburg. 
    La vente d'ivoire est interdite au niveau mondial depuis 
1989, mais pas la revente d'ivoire obtenu avant cette date.   
    Nairobi a le soutien d'Ali Bongo. "A tous les braconniers, à 
tous les acheteurs, à tous les trafiquants, vos jours sont 
comptés", a lancé le président gabonais, présent lors de la 
cérémonie.  
    Le braconnage d'éléphants a connu un pic entre 2010 et 2012, 
pendant lesquelles environ 100.000 éléphants ont été tués. Dans 
les années 1970, l'Afrique comptait 1,2 million d'éléphants, 
contre 400.000 à 450.000 aujourd'hui.  
    La situation des rhinocéros est plus précaire. Il y en a 
moins de 30.000 en Afrique et une espèce, le rhinocéros blanc du 
Nord, est au bord de l'extinction. 
    L'engagement pris l'an dernier par les Etats-Unis et la 
Chine, deux des plus gros marchés de l'ivoire, de mettre en 
place des interdictions quasi totales des importations et des 
exportations d'ivoire a contribué à faire baisser les prix de 
l'"or blanc".  
    Mais le prix des cornes de rhinocéros continue à augmenter, 
selon les défenseurs de l'environnement. Les patrouilles armées 
instaurées dans les réserves et d'autres mesures ont permis de 
réduire le braconnage mais l'avenir du rhinocéros reste sombre. 
    Le Kenya, qui comptait 20.000 rhinocéros dans les années 
1970, n'en avait plus que 400 dans les années 1990. Il compte 
aujourd'hui environ 650 rhinocéros noirs. Les trois derniers 
rhinocéros blancs du Nord vivent dans une réserve et les 
scientifiques ont engagé une course contre la montre pour 
trouver le moyen de les reproduire artificiellement.  
    Les braconniers peuvent toucher sur les marchés locaux 
quelque 50.000 dollars pour les cornes d'un seul rhinocéros, 
soit l'équivalent de multiples années de salaire.  
 
 (Ben Makori; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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