Le kamikaze de Tunis avait été arrêté mais libéré faute de preuve

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    TUNIS, 27 novembre (Reuters) - L'auteur présumé de 
l'attentat suicide qui a fait douze morts mardi à Tunis avait 
été arrêté cette année pour de possibles liens avec les milieux 
djihadistes mais relâché faute de preuve, a déclaré vendredi le 
secrétaire d'Etat chargé de la Sécurité. 
    "Ce terroriste avait été arrêté par la police puis libéré 
par le système judiciaire pour manque de preuve", a dit Rafik 
Chelli au micro d'une radio tunisienne. 
    Houssem Abdelli, qui était âgé de 28 ans, était vendeur de 
rue et vivait près d'Ettadhamen, l'un des quartiers les plus 
pauvres de la capitale tunisienne. Il s'est fait exploser mardi 
après-midi au moment où des soldats de la garde présidentielle 
montaient dans un bus stationné sur l'avenue Mohamed-V. Douze 
soldats ont trouvé la mort, 22 autres ont été blessés. 
    Son geste a été revendiqué par l'organisation djihadiste 
Etat islamique (EI), comme l'attentat contre le musée du Bardo 
(21 morts en mars à Tunis) et l'attaque menée fin juin contre un 
hôtel et une plage de Sousse (38 morts). A chaque fois, les 
attentats ont été commis par des Tunisiens. 
    Les autorités tunisiennes n'ont pas précisé à quand 
remontait l'arrestation de Houssem Abdelli. D'après des voisins, 
elle a eu lieu au mois d'août.  
    Sa remise en liberté, alors que de la littérature 
d'inspiration djihadiste avait été découverte à son domicile et 
que des voisins avaient rapporté que son comportement avait 
changé au cours des dernières années, souligne les difficultés 
de l'appareil sécuritaire tunisien à empêcher des attaques. 
    Son cousin Atef, qui jouait au football avec lui, a expliqué 
que Houssem Abdelli avait commencé à changer radicalement il y a 
trois ans environ. "Il s'est mis à nous éviter. Il s'est isolé 
au sein du quartier, il ne parlait plus aux filles et passait la 
plupart de son temps à la mosquée ou dans une école coranique", 
ajoute-t-il. 
    Depuis mardi, les forces de sécurité ont arrêté 40 personnes 
soupçonnées de liens avec des groupes militants et assigné à 
résidence 92 personnes soupçonnées de rentrer de Syrie, d'Irak 
ou de Libye, selon un bilan communiqué vendredi par le ministère 
de l'Intérieur. 
    Les assignations à résidence concernent "des personnes de 
retour de foyers de tension" et "classées dangereuses par les 
unités de sécurité", dit le ministère dans un communiqué.  
    On estime que plus de 3.000 Tunisiens sont partis pour aller 
combattre dans les rangs de l'EI ou d'autres groupes armés en 
Irak, en Syrie et en Libye. 
 
 (Tarek Amara et Mohamed Argoubi; Jean-Philippe Lefief et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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