Le jugement de la fusillade à Carcassonne mis en délibéré

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LE JUGEMENT DE LA FUSILLADE DE CARCASSONNE EN DÉLIBÉRÉ
LE JUGEMENT DE LA FUSILLADE DE CARCASSONNE EN DÉLIBÉRÉ

TOULOUSE (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Montpellier a mis vendredi en délibéré au 13 mai sa décision concernant la fusillade qui avait fait par erreur 16 blessés dans une caserne de Carcassonne (Aude) en 2008, a-t-on appris auprès d'un des avocats de parties civiles.

Le parquet a requis jeudi deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, contre le tireur, le sergent Nicolas Vizioz. Ce dernier avait ouvert le feu en direction du public lors d'une journée "portes ouvertes", après avoir confondu balles "à blanc" et balles réelles.

Des peines de prison avec sursis allant de deux mois à un an ont été requises contre les cinq autres prévenus, tous militaires ou ex-militaires, dont l'ancien chef du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa).

Me Hervé Gerbi, qui défend notamment une mère et son fils blessés par un éclat de tir, a jugé que ce procès avait permis un "face à face réconfortant" entre les militaires et les victimes.

"S'agissant du sergent Vizioz, le tireur direct, il y a eu beaucoup d'émotion, il y a eu des mots, il y a eu des regards et on a eu une satisfaction parce qu'on a senti qu'en dessous de la cagoule il y avait un homme qui aujourd'hui a pris le pas sur le militaire", a-t-il estimé.

L'avocat a toutefois déploré que tous les prévenus ait été poursuivis pour "blessures involontaires", et que d'autres qualifications, comme "non-respect des consignes militaires", n'aient pas été retenues.

Le 29 juin 2008, Nicolas Vizioz avait fait feu au cours d'une démonstration, blessant 16 personnes dont cinq enfants après une confusion sur la nature des munitions employées.

L'instruction a révélé que les spectateurs avaient été imprudemment placés dans l'axe du champ de tir de certains des militaires.

Quelques 5.200 munitions de guerre grappillées au fil des années étaient par ailleurs irrégulièrement stockées dans un local du RPIMa afin de fournir des balles supplémentaires aux soldats lors des exercices, sans passer par la lourde procédure d'approvisionnement.

L'ancien président Nicolas Sarkozy s'était rendu sur place le lendemain des faits, dénonçant des "négligences inacceptables" et promettant des sanctions. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, avait démissionné dans la foulée.

Nicolas Vizioz a quant à lui été révoqué de l'armée sans droit à pension en décembre 2008.

Jean Décotte, édité par Yves Clarisse

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