Le juge de l'affaire de Tarnac dessaisi de l'enquête

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LE JUGE DE L'AFFAIRE DE TARNAC DESSAISI
LE JUGE DE L'AFFAIRE DE TARNAC DESSAISI

PARIS (Reuters) - Le juge Thierry Fragnoli a été dessaisi de l'enquête sur le sabotage de lignes TGV en France en 2008, dans laquelle dix membres présentés comme proches de l'ultra gauche ont été mis en examen, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le juge d'instruction, qui était visé par une demande de récusation des avocats de deux des dix personnes mises en examen, a été dessaisi à sa demande par la présidence du tribunal de grande instance de Paris, a-t-on appris de même source.

"L'impartialité" du magistrat avait été mise en cause en mars par les avocats du chef présumé du "groupe de Tarnac", Julien Coupat, et de sa compagne Yldune Lévy, après la publication dans le Canard enchaîné d'un courriel du juge adressé à des journalistes.

Dans ce courriel, le magistrat s'adressait à ses "amis de la presse libre (je veux dire celle qui n'est affilée à Coupat/Assous)", faisant référence à Julien Coupat et à son avocat Jérémie Assous.

"Ce serait parfaitement normal qu'il soit dessaisi", a dit Jérémie Assous avant la décision. "On espère avoir enfin un juge d'instruction digne de ce nom. Cette 'instruction' ne consistait qu'à essayer par tous les moyens de conforter la version policière qui était en totale contradiction avec la réalité."

Le dossier ne "tenait que sur l'obstination du juge Fragnoli de tenter de consolider la version policière", a-t-il ajouté.

Trois juges d'instruction antiterroristes ont mené des investigations sur dix personnes soupçonnées d'avoir saboté des caténaires SNCF le 26 octobre 2008, puis dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 en y plaçant des fers à béton.

L'enquête affirmait que le leader supposé du groupe, Julien Coupat, avait été repéré par la police le 3 novembre 2008 alors qu'il organisait des affrontements avec la police en marge d'une réunion de ministres de l'Intérieur de l'UE à Vichy.

Libérés après le début de l'enquête, les suspects restent mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et pour certains "destructions en réunion", des faits passibles des assises.

Ils nient les accusations et leurs avocats ont toujours mis en cause la police, estimant que des soupçons de falsification pesaient sur certaines pièces importantes du dossier.

Marine Pennetier avec Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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