Le jour où Blazer a tout lâché

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Le jour où Blazer a tout lâché
Le jour où Blazer a tout lâché

A chaque jour sa nouvelle banderille plantée dans le dos de la Fifa. Des documents révélés par la justice américaine ce jeudi 3 juin décrivent la façon dont Chuck Blazer a admis avoir touché ou facilité des pots-de-vin dans le cadre de la désignation du pays-hôte de la Coupe du monde en 1998 et 2010. Le Maroc et l'Afrique du Sud, notamment, auraient arrosé. Récit comme si vous y étiez du jour où tout a basculé.

"Je ne sais pas comment on prononce, FIFA." Un ange passe. Il est un peu plus de 10 heures, ce 25 novembre 2013, à l'intérieur de l'antenne de Brooklyn du palais de justice new-yorkais, blottie entre le Cadman Plaza Park et le Whitman Park. Le juge Raymond J. Dearie, 69 ans et en poste depuis sa nomination par Ronald Reagan en 1986, a un doute. "On dit Fifa, votre honneur", s'empresse de répondre le substitut du procureur Evan Norris, représentant du gouvernement américain. Le juge Dearie connaît mieux la Fédération internationale de football association sous un autre acronyme : RICO. "Ne dramatisez pas, mais cela signifie Racketeering Influenced Corrupt Organisation (Organisation corrompue influencée par le racket, NdT)", précise Dearie. Au milieu de tout ça, Chuck Blazer, gros bonhomme à mi-chemin entre Carlos et le Père Noël, doit certainement saisir l'ironie de la situation. Posé sur sa chaise roulante électrique, celui qui traîne ses guêtres dans les instances du football depuis près de trente ans, secrétaire général de la Concacaf de 1990 à 2011 et membre du comité exécutif de la Fifa de 1997 à 2013, est pris dans les mailles d'un filet tendu par des gens qui en sont à se demander comment on prononce le nom de la plus puissante fédération sportive du monde.

Mais Charles Gordon Blazer, de son vrai nom, a d'autres soucis plus graves que la phonétique. Des soucis de santé, déjà, qu'il détaille ce jour-là au juge, comme nous pouvons le lire dans les documents révélés ce mercredi 3 juin par la justice américaine. "J'ai un cancer du rectum, explique-t-il. J'ai traversé 20 semaines de chimiothérapie et je m'en sors plutôt bien ( ). En parallèle, j'ai une variété d'autres maladies, comme un diabète de type 2 et un problème à l'artère coronaire, mais je tiens le coup raisonnablement bien." Interrogé sur son âge, Chuck a eu un moment d'hésitation avant de répondre : 68. "Vous êtes la seconde personne que je connais, la première étant moi-même, qui bute sur cette question. Je suppose que c'est une sorte de blocage freudien", lui a alors envoyé l'honorable juge Dearie. "C'est ça", a marmonné Blazer. Après quelques minutes de round d'observation et de questions sur sa santé et sa bonne compréhension des raisons de sa présence dans un tribunal, Blazer attend le premier uppercut.

Boite de…



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