Le jazz à la turquoise de Dave Brubeck

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Dave Brubeck Quartet.
Dave Brubeck Quartet.

Palette d’artistes (9/18). Avec l’album « Time out », en 1959, le pianiste américain obtient un succès planétaire et devient la tête de Turc de la critique intégriste.

Le 17 août 1959 – il y a cinquante-sept ans jour pour jour –, sort l’album phare de Miles Davis, Kind of Blue. Le lendemain, le pianiste Dave Brubeck boucle le Blue Rondo a la Turk, premier titre de son album Time out. Même label (la Columbia), même studio de la 30e Rue (une église désaffectée qu’adorent les musiciens) ; même producteur, Teo Macero ; même graphiste, Neil Fujita. Deux couleurs du ciel, deux trajectoires divergentes.

A la sortie de la sacristie, Miles avait grommelé : « Avec Kind of Blue, je vais réaliser l’album de jazz le plus marquant de toute l’histoire du jazz. » Ce qui fut fait. Cependant qu’en un clin d’œil bleu, le Time out de Brubeck, tenu non sans méfiance par la Columbia pour quelque turquerie « expérimentale » devient un tube planétaire. Avec – petit signe de la main à Mozart dont les musiciens de jazz ont toujours su jouer la Marche turque –, son ouverture obsédante : Blue Rondo a la Turk.

Pour la pochette, Neil Fujita varie le bleu, indigo, turquoise, selon gravure. Tous ses successeurs tireront les pochettes de Brubeck vers un rien de turquoise, entre saphir et émeraude. Un bleu allé vers le vert.

Le bleu, la couleur du jazz Vous avez dit blue ? Comme la blue note ? Comme les clubs du même nom et le célèbre label Blue Note ? Mille et trois titres de jazz intègrent le mot : de Am I Blue à Blue Moon, en passant par Blue Monk, le bleu semble à ce point la couleur du jazz, que son indéniable racine, le blues, se dit au pluriel.

« M’dame, M’dame, ...

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