Le Japon veut limiter la hausse de la dépense publique en 2017

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    par Takaya Yamaguchi 
    TOKYO, 25 novembre (Reuters) - Le Japon ne prévoit qu'une 
hausse modeste de ses dépenses publiques l'année prochaine, 
selon les grandes lignes du budget que Reuters a pu consulter, 
le Premier ministre, Shinzo Abe, optant ainsi pour une stratégie 
différente de celle de la relance, prônée par Donald Trump aux 
Etats-Unis et suggérée par l'OCDE à ses pays membres. 
    En laissant sa politique monétaire inchangée au début du 
mois, assurant ainsi le maintien de taux d'intérêt 
historiquement bas, la Banque du Japon a pourtant donné une 
grande marge de manoeuvre à Shinzo Abe pour augmenter les 
dépenses. 
    Le Premier ministre est arrivé au pouvoir fin décembre 2012 
avec l'engagement de redynamiser la troisième puissance 
économique mondiale grâce à une stratégie de relance - les 
"Abenomics" - en trois volets, monétaire, budgétaire et 
structurelle. Mais après des débuts encourageants, cette 
politique tarde à porter ses fruits: la reprise économique reste 
fragile et l'inflation est encore très loin de l'objectif 
affiché de 2%. 
    Les prix à la consommation ont reculé en octobre pour le 
huitième mois consécutif dans le pays et la Banque du Japon a 
repoussé dans le temps la perspective d'un retour à une 
inflation de 2%.     
    Malgré cette situation, Shinzo Abe préfère ne pas trop se 
reposer sur une hausse de la dépense publique pour stimuler la 
croissance, le Premier ministre ne voulant pas augmenter une 
dette publique qui est déjà la plus lourde de tous les pays 
développés. 
    Il profite en cela de l'absence d'appels en faveur d'un 
nouveau coup de pouce budgétaire, les entreprises nippones 
bénéficiant actuellement de la baisse du yen et de la hausse des 
actions.  
    "A ce stade, nous ne prévoyons pas une mobilisation 
budgétaire à grande échelle", a dit à Reuters un responsable 
gouvernemental. 
     
    RATIO D'ENDETTEMENT DE 247% 
    Mercredi, l'Organisation de coopération et de développement 
économiques (OCDE), a de nouveau appelé les gouvernements à 
profiter du contexte de taux bas pour investir, jugeant le 
recours aux leviers budgétaires indispensable pour sortir du 
piège de la croissance molle.   
    Mais, avec un yen qui a plongé face au dollar depuis 
l'élection de Donald Trump et une dette publique qui représente 
près de deux     ans et demi de produit intérieur brut (PIB), 
cette recette ne s'applique pas, selon certains, au Japon. 
    "Si le Japon augmente ses dépenses à l'image de ce qu'on 
attend de Donald Trump, la détérioration budgétaire deviendra un 
problème encore plus important pour une économie dont le ratio 
dette/PIB est de 247%", dit ainsi Norihito Fujito, chargé de la 
stratégie d'investissement chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley. 
    La Bourse de Tokyo  .N225  a fini en hausse vendredi pour la 
septième séance consécutive, portant à près de 12% sa 
progression depuis début octobre, et le dollar a atteint un pic 
de huit mois face au yen  JPY= , une évolution favorable aux 
nombreuses valeurs exportatrices de la place japonaise. 
  
    Même si les agences de notation attribuent au Japon une note 
de crédit encore élevée, Moody's a estimé jeudi que le 
"principal défi" du Japon était de "renforcer la viabilité de 
l'endettement". 
    Le document budgétaire que s'est procuré Reuters dessine le 
cadre du budget prévu pour l'exercice 2017-2018, qui commencera 
le 1er avril. Il réaffirme l'ambition du gouvernement 
d'augmenter de 20%, soit de 600.000 milliards de yens (5.000 
milliards d'euros environ) le PIB du Japon d'ici 2020, tout en 
réaffirmant l'objectif pour cette année-là d'un budget équilibré 
hors service de la dette et émissions de nouvelles obligations. 
    Pour l'exercice à venir, le gouvernement Abe prévoit selon 
plusieurs sources de limiter à 500 milliards de yens, soit 140 
milliards de moins que demandé par le ministère concerné, la 
croissance des dépenses de protection sociale pour les personnes 
âgées, l'un des postes budgétaires dont l'augmentation est la 
plus rapide. 
    Cette limitation passerait par un contrôle plus strict des 
dépenses médicales et une contribution accrue des assurés aux 
dépenses de dépendance. 
     
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Marc Angrand) 
 

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