Le Japon va choisir un nouveau chef pour la BoJ, Muto favori

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TOSHIRO MUTO FAVORI POUR DIRIGER LA BANQUE CENTRALE JAPONAISE
TOSHIRO MUTO FAVORI POUR DIRIGER LA BANQUE CENTRALE JAPONAISE

par Leika Kihara et Yoshifumi Takemoto

TOKYO (Reuters) - L'ancien gouverneur adjoint de la Banque du Japon (BoJ) Toshiro Muto est favori dans la course à la succession de Masaaki Shirakawa à la tête de la banque centrale japonaise mais sa personnalité conservatrice pourrait remettre en question les espoirs de mise en oeuvre d'une politique monétaire anti-conformiste.

Selon des sources proches du processus de désignation, le Premier ministre Shinzo Abe devrait faire part de son choix dans le courant de la semaine. Le candidat devra ensuite recevoir le feu vert des deux chambres du Parlement japonais.

Elu en décembre sur la promesse d'une politique monétaire musclée et celle d'un lutte sans merci contre la déflation, Shinzo Abe dit n'avoir rien oublié de ses engagements.

"J'aimerais que le nouveau gouverneur de la BoJ soit quelqu'un capable d'une forte détermination et qu'il ait la capacité de sortir le Japon de la déflation", a-t-il dit au Parlement.

Ces propos laissent entendre qu'il n'est pas exclut que la législation qui garantit l'indépendance de la BoJ soit modifiée si les autorités jugent que l'institution monétaire n'est pas assez déterminée dans son action.

Pour Shinzo Abe, le rachat d'obligations étrangères par la BoJ, une mesure très contestée par de nombreux experts, est une solution qui pourrait s'ouvrir à la Banque centrale japonaise.

"J'aimerais témoigner de la détermination du gouvernement (à combattre la déflation) avec cette désignation, qui devrait être faite sous peu", a-t-il dit.

Les appels qu'il a lancés en faveur d'un assouplissement de la politique de la BoJ ont fini par se traduire en janvier par l'annonce de mesures sans précédent. Elle a porté son objectif d'inflation à 2% et validé un plan de rachat illimité d'actifs à partir de 2014.

Ces annonces ont produit leurs effets sur le yen qui s'est considérablement dévalué contre le dollar, donnant un bol d'air aux exportateurs japonais.

Le choix de Toshiro Muto, 69 ans, pourrait toutefois freiner les ardeurs des partisans des mesures les plus téméraires.

Proche du parti du Premier ministre, fin connaisseur des politiques monétaires et budgétaires, il a occupé les plus hautes fonctions au ministère des Finances et le fauteuil du gouverneur adjoint de la BoJ de 2003 à 2008.

Il a toutefois une approche bien différente de celle de Shinzo Abe, ne serait-ce que sur la question du rachat d'obligations étrangères par la BoJ qui comporte selon lui des risques élevés, notamment pour les rendements des titres japonais.

"Muto est présenté comme quelqu'un qui ne suivra qu'une approche traditionnelle, comme celle de l'augmentation du bilan de la banque. Ce serait dans le meilleur des cas une version améliorée de l'approche conventionnelle", explique Norihiro Fujito.

Choisir Toshiro Muto pourrait refléter la volonté de Shinzo Abe de poursuivre sur la voie de l'assouplissement tout en donnant des gages de bonne volonté à ceux qui craignent les effets d'une politique trop musclée.

L'agence de notation Standard & Poor's a d'ailleurs prévenu lundi que la note AA- restait sous surveillance à implication négative et qu'elle pourrait être abaissée s'il s'avère que la politique entreprise par Tokyo se révèle trop coûteuse pour les finances publiques japonaise.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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