Le Japon prêt à oeuvrer au G7 pour stabiliser les marchés-sces

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    par Tetsushi Kajimoto et Leika Kihara 
    TOKYO, 15 février (Reuters) - Le Japon songe à interpeller 
ses partenaires du G7 pour leur réclamer davantage de 
coopération face aux turbulences sur les marchés financiers mais 
il devrait avoir du mal à obtenir des mesures concrètes, 
notamment pour mettre fin au raffermissement du yen, a-t-on 
appris de sources gouvernementales. 
    Alors que les dirigeants du G20 doivent se réunir la semaine 
prochaine à Shanghai, l'hypothèse d'une initiative coordonnée 
des grandes économies de la planète face au ralentissement de la 
croissance mondiale et aux soubresauts des marchés financiers 
gagne en crédibilité auprès des investisseurs. Une telle 
initiative pourrait notamment prendre la forme d'une 
intervention sur les changes. 
    Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et son ministre 
des Finances, Taro Aso, adressent des mises en garde de plus en 
plus fermes aux investisseurs qui font monter le yen, alors que 
l'économie japonaise s'est contractée davantage que prévu au 
quatrième trimestre 2015.   
    Ils promettent ainsi de prendre des "mesures appropriées" 
contre les mouvements jugés excessifs de la devise nippone, 
recherchée pour son statut de valeur refuge. 
    Le Japon est prêt à oeuvrer avec les autres pays du G7 pour 
avertir les intervenants de marchés qu'ils surveillent 
attentivement la situation, ont dit des responsables 
gouvernementaux japonais. Selon ces derniers, le G7 pourrait 
publier un communiqué extraordinaire avant la réunion de 
Shanghai si la tempête revient sur les marchés financiers. 
    "Nous n'exclurons aucune initiative en fonction des 
développements sur les marchés d'ici la réunion du G20", a dit 
l'une des sources interrogée sur la possibilité d'une action 
coordonnée. 
    Les responsables japonais jugent cependant difficile 
d'obtenir des mesures concrètes et coordonnées au-delà des 
déclarations d'usage sur la volatilité excessive des marchés. 
    Ne resterait alors au Japon qu'à agir seul mais certains 
doutent qu'une intervention japonaise sur le marché des changes 
puisse enrayer la montée du yen en raison du climat actuel 
d'aversion au risque, sur lequel Tokyo n'a guère de prise. 
    "Ce qui est important, c'est que les responsables du G20 
envoient un message positif pour évacuer le sentiment négatif 
qui est répandu sur les marchés mondiaux", a dit une source 
informée des débats au sujet d'une intervention sur le marché 
des changes. 
    Le Japon pourrait en outre avoir du mal à convaincre ses 
partenaires américains et européens du bien-fondé d'une telle 
intervention monétaire alors que la récente décision de la 
Banque du Japon d'adopter des taux négatifs a ravivé les 
craintes d'une nouvelle "guerre des monnaies", disent les 
sources. 
    "Je me demande comment Tokyo pourrait convaincre ses 
partenaires du G7 qu'il lui faut intervenir maintenant", a dit 
un responsable politique proche des discussions sur le sujet. 
    "Je pense qu'une intervention en solo serait assez 
difficile." 
 
 (Takashi Umekawa; Bertrand Boucey pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 
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