Le Japon ne pratique pas la "monnaie hélicoptère", en théorie

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    par Leika Kihara 
    TOKYO, 19 août (Reuters) - Si la Banque du Japon (BoJ) 
assure ne pas avoir recours à la "monnaie hélicoptère", ce qui 
est vrai d'un strict point de vue théorique, sa politique 
ressemble en pratique de plus en plus à une forme de 
monétisation de la dette alors que l'Etat s'apprête à augmenter 
ses émissions d'obligations à très long terme. 
    La BoJ affirme que tant qu'elle se contente de racheter la 
dette souveraine du pays sur le marché, elle ne finance pas 
directement les dépenses engagées par le gouvernement. 
    Cette distinction a toutefois tendance à s'estomper à mesure 
que les investisseurs ne participent aux adjudications 
obligataires que pour revendre immédiatement ces titres à la 
banque centrale nippone afin d'encaisser des bénéfices, un type 
d'opérations désormais baptisé "le commerce de la BoJ". 
    "La BoJ achète désormais l'intégralité des 30.000 milliards 
de yens (265 milliards d'euros) de nouvelles obligations émises 
par l'Etat tous les ans. Dans un sens, cela a le même effet que 
la monnaie hélicoptère", dit Etsuro Honda, ancien conseiller 
spécial du gouvernement et proche collaborateur du Premier 
ministre Shinzo Abe. 
    L'expression "monnaie hélicoptère" désigne le phénomène par 
lequel une banque centrale finance directement les dépenses 
publiques en garantissant les émissions obligataires. Elle a été 
formulée par l'économiste américain Milton Friedman et 
popularisée par Ben Bernanke, avant que celui-ci ne devienne 
président de la Réserve fédérale, dans un discours en 2002 pour 
évoquer les moyens de lutter contre la déflation. 
    Certains économistes redoutent néanmoins qu'une telle 
politique n'ait des effets incontrôlables en termes d'inflation 
et de dépréciation de la monnaie. 
    La Banque du Japon a ajouté cette année des taux négatifs à 
son arsenal d'"assouplissement quantitatif et qualitatif" 
déployé en 2013, qui lui permet d'imprimer 80.000 milliards de 
yens tous les ans via des achats massifs de titres sur les 
marchés. Elle s'est engagée à poursuivre dans cette voie jusqu'à 
ce que l'inflation atteigne son objectif de 2%. 
     
    LE BILAN DE LA BOJ A EXPLOSÉ 
    Le gouvernement, de son côté, a décidé un nouveau plan de 
relance budgétaire de 13.500 milliards de yens qu'il compte 
financer pour partie en augmentant les émissions d'obligations 
d'Etat à 40 ans, selon des sources.   De telles 
échéances en font quasiment des obligations perpétuelles. 
    "C'est le meilleur moment pour accroître les émissions de 
dette, le coût de telles initiatives étant si faible grâce à la 
politique de taux d'intérêt négatifs de la BoJ", a dit un 
responsable gouvernemental proche de Shinzo Abe. 
    Les obligations d'Etat japonaises ont désormais une maturité 
moyenne de 9 ans, contre 7 ans en 2008. 
    La BoJ détient déjà un tiers de la dette souveraine 
japonaise à force d'engloutir environ 110.000 à 120.000 
milliards de yens d'obligations chaque année. 
    En conséquence, son bilan a gonflé pour atteindre 81% du 
produit intérieur brut du Japon, contre 35% en 2013, ce qui est 
plus du triple du ratio de la Fed. 
    Cette politique d'expansion des dépenses publiques financée 
de fait par la BoJ est favorisée par la présence à la tête de la 
banque centrale japonaise de Haruhiko Kuroda, choisi en 2013 par 
Shinzo Abe et qui ne voit aucune limite aux achats d'obligations 
par la Banque du Japon. 
    Cela contraste fortement avec la position de son 
prédécesseur Masaaki Shirakawa, qui avait accepté de fixer un 
objectif d'inflation à condition que le gouvernement s'engage à 
remettre de l'ordre dans les finances publiques. 
    Des économistes craignent toutefois que la BoJ ne puisse pas 
se sortir de cette politique ultra-accommodante, même si elle 
atteint son objectif d'inflation, sans risquer de déclencher un 
vaste mouvement de retrait sur la dette souveraine du Japon 
susceptible de plonger le pays au bord de la faillite. 
    "La politique monétaire détermine l'inflation mais seulement 
avec une politique budgétaire saine", dit Kazuhito Ikeo, 
professeur d'économie à l'université Keio. "Il n'est pas certain 
que la BoJ puisse retirer ses mesures de soutien s'il y a un 
risque de défaut de l'Etat." 
 
 (Avec Tetsushi Kajimoto; Bertrand Boucey pour le service 
français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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  • M9425023 il y a 4 mois

    Dans la monnaie hélicoptère, toute personne qui se baisse pour ramasser en profite. Là, seuls les investisseurs dans la dette Japonaise font leurs profits, grosse différence qui ne fait qu'accentuer le clivage riches/pauvres. Au moins avec la vraie monnaie H, il faut encore que le pauvre se baisse et se bouge les fesses, ce qui est bon pour lui.

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