Le Japon met à l'arrêt son dernier réacteur nucléaire

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Le Japon met à l'arrêt son dernier réacteur nucléaire
Le Japon met à l'arrêt son dernier réacteur nucléaire

TOKYO (Reuters) - Le Japon a entamé samedi le processus d'arrêt de son dernier réacteur nucléaire encore en activité, plus d'un an après la catastrophe de Fukushima, laissant l'archipel asiatique sans aucune énergie nucléaire pour la première fois depuis 1970.

Le réacteur n°3 de la centrale de Tomari à Hokkaido, dans le nord du Japon, doit arrêter sa production dimanche matin. Des militants anti-nucléaires ont prévu de fêter l'événement en organisant des manifestations tout au long du week-end.

Le Japon possède au total 54 réacteurs nucléaires, dont quatre à Fukushima. L'énergie nucléaire représentait environ 30% de l'électricité du Japon avant la catastrophe de mars 2011, la pire de l'histoire du nucléaire civil depuis Tchernobyl en 1986.

La dernière fois que le Japon a vécu sans énergie nucléaire remonte à une période de cinq jours début mai 1970, les deux réacteurs alors existants ayant dû être fermés pour maintenance, selon la Fédération des compagnies d'électricité du Japon.

Après l'accident de Fukushima-Daiichi, déclenchée par un séisme et un raz-de-marée géant sur la côte est de l'archipel, 53 des 54 réacteurs nucléaires japonais avaient été mis à l'arrêt, essentiellement pour des contrôles ou des opérations de maintenance. En raison notamment de la réticence de l'opinion publique, aucun n'a repris sa production.

Les producteurs d'énergie craignent que les arrêts des centrales nucléaires n'aboutissent à la fin du nucléaire au Japon.

"Est-ce que cela peut entraîner la fin de l'énergie nucléaire? C'est possible", juge Andrew DeWit, professeur à l'université Rikkyo de Tokyo.

Selon un sondage publié le week-end dernier par l'agence Kyodo, environ 60% des personnes interrogées sont hostiles à la remise en état de marche de deux réacteurs nucléaires à la centrale d'Ohi (360 km au sud-ouest de Tokyo).

Les partisans du nucléaire, poursuit Andrew DeWit, "ont les sondages contre eux. Une fois que l'été se sera passé sans énergie nucléaire, comment feront-ils pour relancer les réacteurs ? Ils en sont conscients, c'est pour cela qu'ils feront tout leur possible, mais je ne sais pas de quelle manière."

Aaron Sheldrick, Benjamin Massot pour le service français

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