Le Japon, l'exemple des constructions anti-sismiques

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Un maître à penser et un maître à bâtir. Son territoire très sensible à permis au Japon de perfectionner ses constructions au fil des décennies... et des catastrophes.

Les images choquantes d’un immeuble d’habitation renversé par un séisme de magnitude 6,4 à Taïwan, tandis que d’autres autour sont restés debout, mettent en lumière la nécessité de techniques bien spécifiques pour permettre à une construction violemment secouée de résister. Le Japon est lui aussi un habitué des tremblements de terre et subit environ 20% des secousses sismiques les plus fortes au monde. Le pays améliore constamment ses normes depuis le séisme de Kobe, dans lequel 6.434 personnes ont trouvé la mort en 1995.

Lorsqu’un tremblement de terre massif de magnitude 9,0 a frappé le nord-ouest du Japon en 2011, les secousses ont été violentes à Tokyo, situé à près de 400 km. Mais les bâtiments, y compris la tour Tokyo Skytree de 634 mètres, en construction à l’époque, sont tous restés quasiment intacts. Il y a quelques mois, Le Figaro Immobiliervous faisait découvrir une tour taïwanaise de 510 mètres, capable de résister à des bourrasques de 210 km/h. Voici quelques techniques employées au Japon pour prévenir la destruction des bâtiments:

• Les mesures simples. Le renforcement des murs et des murs de soutainement. Renforcement des ponts en enveloppant leurs piliers de carcans métalliques. Après le séisme de mars 2011, de nombreuses écoles ont consolidé leurs structures en ajoutant des croix métalliques en diagonale aux fenêtres. Ces épaisses croix peintes en blanc sont visibles un peu partout dans Tokyo.

• Mécanismes spéciaux pour les gratte-ciel. Il s’agit d’absorber les ondes de choc et de minimiser les secousses dans les étages. Le bâtiment peut effectuer d’amples mouvements de balancier, bien visibles à l’oeil nu en cas de fort séisme, comme un pendule mais les secousses sont amorties. Ces technologies sont censées permettre d’éviter les gros dommages même en cas de très violentes secousses, tel que le «Big one» redouté à Tokyo à tout moment dans les trois décennies à venir. Une technique très utilisée à Tokyo est l’amortisseur à huile, sorte de gros piston. Un exemple est la tour Mori (238 mètres, 53 étages, six sous-sols) du complexe Roppongi Hills à Tokyo.

• Autres technologies. Les structures parasismiques en caoutchouc, sortes de gros amortisseurs qui, installés sous les bâtiments, permettent d’absorber les chocs des tremblements de terre. «Ce mécanisme est souvent appliqué aux immeubles bas ou de taille moyenne manquant de souplesse, tels que les petits immeubles d’habitation, plutôt que pour les gratte-ciel», explique Kenji Sawada, directeur exécutif de la Japan Society of Seismic Isolation. «Mais cela ne signifie pas que le renforcement des structures (avec des poutres et cadres métalliques) soit une idée dépassée».

• Le savoir ancestral. Le Japon est confronté aux tremblements de terre depuis des siècles et certaines techniques anciennes sont toujours utilisées. La tour Tokyo Skytree s’est ainsi inspirée d’une méthode utilisée dans certaines parties du temple bouddhiste Horyuji du 7e siècle dans l’ancienne capitale Nara, dont sa pagode de cinq niveaux, qui font partie des structures en bois les plus anciennes du monde. Le pilier central de la pagode n’est rattaché qu’au dernier niveau et séparé des niveaux inférieurs.

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