Le Japon évite finalement la récession au T3

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    * PIB en hausse de 1,0% en rythme annualisé au T3 contre une 
première estimation de -0,8% 
    * Une croissance tirée par les investissements, également 
révisés à la hausse 
    * Selon les analystes, l'ampleur de la révision est 
peut-être liée à un effet stocks 
 
 (Actualisé avec déclarations du ministre de l'Economie, 
commentaires) 
    par Leika Kihara 
    TOKYO, 7 décembre (Reuters) - L'économie japonaise a 
finalement échappé à la récession au troisième trimestre, selon 
des chiffres officiels publiés qui suggèrent que le pays est 
peut-être en meilleure santé qu'on ne le croit même si la Banque 
du Japon devrait continuer à être invitée à assouplir encore 
davantage sa politique monétaire. 
    Selon les données révisées du gouvernement, le produit 
intérieur brut (PIB) a augmenté de 1,0% en rythme annualisé sur 
la période juillet-septembre alors qu'une première estimation 
datant du 16 novembre avait montré une contraction de 0,8% sur 
la périoden après un recul annualisé de 1,2% du PIB au deuxième 
trimestre. 
    Une récession se définit techniquement comme deux trimestres 
d'affilée de recul du PIB. 
    Au vu de statistiques récentes, les économistes anticipaient 
une révision positive du PIB au troisième trimestre, mais pas 
autant que ce qu'a annoncé le gouvernement : ils tablaient en 
moyenne sur une croissance annualisée de 0,1% sur la période. 
    Les investissements, donnés dans un premier temps en baisse 
de 1,3% mais caractérisés au bout du compte par une progression 
de 0,6%, ont été le moteur de la croissance, ce qui est plutôt 
une bonne nouvelle pour le Premier ministre Shinzo Abe, qui ne 
cesse d'enjoindre les entreprises japonaises à réinjecter une 
plus grande partie de leurs bénéfices record dans l'économie. 
    L'Etat a ainsi mis en place un système de réduction d'impôts 
pour les entreprises bénéficiaires en échange de la garantie de 
ces dernières qu'elles vont augmenter leurs investissements. 
    Le 1er décembre, le ministère des Finances avait annoncé que 
les investissements des entreprises avaient enregistré au 
troisième trimestre leur plus forte croissance en huit ans, une 
donnée qui avait achevé de convaincre la plupart des économistes 
que la troisième économie mondiale n'était pas en récession. 
 ID:nL8N13Q12U  
     
    NE PAS SURINTÉRPRÉTER LA RÉVISION  
    "Ces données sont une bonne surprise pour nous. Les 
entreprises commencent à mettre en oeuvre leurs plans 
d'investissements", a dit à des journalistes le ministre de 
l'Economie Akira Amari. 
    Certains économistes notent toutefois qu'il ne faut pas 
tirer des conclusions exagérement optimistes de la révision à la 
hausse des chiffres du PIB. 
    Ils soulignent ainsi que cette dernière a été amplifiée par 
une baisse moindre que prévu des stocks, évolution qui dope 
comptablement les chiffres de la croissance mais qui suggère que 
les sociétés éprouvent des difficultés à écouler leurs biens au 
vu de l'atonie de la demande. 
    "Tout bien considéré, c'est une bonne nouvelle pour 
l'économie, en particulier ces investissements meilleurs que 
prévu. Mais cela ne change pas grand-chose au tableau d'ensemble 
: l'économie est toujours à l'arrêt", a estimé Yoshiki Shinke, 
économiste en chef chez Dai-ichi Life Research Institute. 
    Cela conduit certains à dire que la BoJ restera sous 
pression pour prendre de nouvelles mesures de relance de 
l'activité malgré une politique monétaire déjà 
ultra-accommodante. 
    Fin novembre, le gouverneur de l'institut d'émission 
Haruhiko Kuroda a d'ailleurs déclaré que l'institut d'émission 
n'hésiterait pas à assouplir davantage pour atteindre rapidement 
son objectif d'une inflation de 2%.  ID:nL8N13P03X  
    Pour que l'économie japonaise atteigne l'objectif de 
croissance de 1,5% fixé par le gouvernement pour l'exercice 
fiscal 2015-2016, clos le 31 mars, il faut que les deux 
prochains trimestres se soldent chacun par une augmentation de 
3% du PIB en rythme annualisé. 
    Akira Amari a qualifié cet objectif d'"assez ambitieux". 
    Nombre d'économistes anticipent une croissance plutôt 
mitigée sur la période octobre-décembre au vu de la faiblesse 
des dépenses des ménages et des exportations. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Benoît Van Overstraeten pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 
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