Le Japon et l'UE vont discuter d'un accord de libre-échange

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LE JAPON ET L'UE PRÊTS À DISCUTER D'UN ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE
LE JAPON ET L'UE PRÊTS À DISCUTER D'UN ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE

par Kaori Kaneko et Robin Emmott

TOKYO/BRUXELLES (Reuters) - Le Japon et l'Union européenne se sont entendus lundi pour entamer des discussions en vue de conclure un accord de libre-échange, en dépit des réticences des constructeurs automobiles européens, les deux puissances économiques espérant ainsi doper leur croissance.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, se sont mis d'accord au cours d'une conférence téléphonique qui a remplacé un sommet prévu lundi à Tokyo, déprogrammé en raison de la crise chypriote.

"Les dirigeants ont décidé d'ouvrir des négociations sur un accord de coopération politique, (économique) globale et sectorielle", disent-ils dans un communiqué commun. Les négociations débuteront en avril et s'achèveront "le plus tôt possible", précisent les trois dirigeants.

Bruxelles et Tokyo souhaitent renforcer leurs échanges économiques, qui représentent un tiers de la production économique mondiale mais dont le développement est entravé par une série de mesures protectionnistes.

Le Japon essaie depuis trois ans d'obtenir un meilleur accès au marché européen -500 millions de consommateurs- pour ses voitures ou encore son matériel électronique, comme c'est le cas de la Corée du Sud depuis 2011. Les Européens lorgnent de leur côté sur les marchés de l'agroalimentaire et des chemins de fer nippons.

L'accord de libre-échange devra "répondre à toutes les questions d'intérêt commun pour stimuler la croissance aussi bien au Japon que dans l'Union européenne et contribuer de la sorte au développement de l'économie mondiale", dit le communiqué.

CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES INQUIETS

Troisième économie mondiale, le Japon est le septième marché à l'export pour les produits européens, avec 69 milliards d'euros en 2011. L'UE est de son côté le troisième marché pour le Japon, avec 6.500 milliards de yens (52,8 milliards d'euros) en 2012.

La Commission européenne estime qu'un accord de libre-échange permettrait d'augmenter de 1% la production des deux entités.

La conclusion d'un tel accord va cependant se heurter aux réticences des constructeurs automobiles européens, qui éprouvent, comme tous les autres constructeurs étrangers, les pires difficultés à entrer sur le marché nippon.

Le Japon ne taxe pas les véhicules importés, contrairement à Bruxelles avec une taxe de 10% sur les voitures japonaises, mais il compense avec des mesures protectionnistes cachées, comme des normes environnementales et de sécurité plus contraignantes que les standards internationaux adoptés par l'UE, ce qui rend toute procédure d'homologation longue et coûteuse.

La classification des véhicules est également différente, la plupart des voitures "légères" européennes n'entrant pas au Japon dans cette catégorie qui bénéficie d'exemptions de taxes importantes.

Ces règles inquiètent particulièrement les constructeurs français et italiens, spécialisés dans le segment des petits modèles et qui souffrent déjà de l'effondrement des ventes de véhicules neufs en Europe.

Les négociateurs commerciaux européens ont par conséquent reçu pour consigne de mettre fin aux discussions au bout d'un an si Tokyo n'a pas manifesté d'ici là son intention de lever ces "barrières non tarifaires".

Avec Philip Blenkinsop à Bruxelles; Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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