Le Japon entre inflation faible et signes de reprise

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TOKYO, 30 janvier (Reuters) - L'inflation sous-jacente a ralenti au Japon en décembre, pour le cinquième mois d'affilée, et son rythme devrait continuer à baisser avec l'effondrement des cours du pétrole pour s'éloigner encore de l'objectif de hausse des prix de 2% de la Banque du Japon, en dépit de signes de redressement de l'économie. La Banque du Japon (BoJ) devrait être rassurée par les dernières statistiques publiées vendredi, qui indiquent une augmentation de la production manufacturière, dopée par le rebond très attendu des exportations, tandis que les dépenses des ménages semblent également commencer à se redresser. La grande question pour les responsables politiques nippons est de savoir s'ils peuvent résister au ralentissement des économies en Asie et en Europe sans avoir à assouplir leur politique monétaire pour la troisième fois en trois ans, ce qui risque de déclencher une nouvelle baisse du yen, déjà très affaibli. "La pression baissière de la chute des cours du pétrole sur l'inflation japonaise est bien supérieure à l'impact positif de la hausse des coûts à l'importation liée à la faiblesse du yen", souligne Yoshiki Shinke, économiste en chef au Dai-ichi Life Research Institute, qui s'attend à un nouveau ralentissement de l'inflation sous-jacente dans les mois à venir. L'indice des prix publié vendredi semble lui donner raison. Hors effets du relèvement de la TVA en avril 2014, la hausse sous-jacente des prix à la consommation - qui exclut les prix des produits frais mais inclut les produits pétroliers - a été de 0,5% en décembre, bien en deça de l'objectif de 2% de la BoJ. L'inflation sous-jacente n'a été que de 1,1% sur l'ensemble de l'année dernière, hors impact du relèvement de la TVA. Malgré cela, la Boj espère ne pas avoir à prendre de nouvelles mesures de relance de la croissance, une approche qui a le soutien des conseillers du Premier ministre, Shinzo Abe, qui poussaient la banque récemment à prendre des mesures plus audacieuses pour lutter contre la déflation dans le pays. Outre les bonnes perspectives de croissance aux Etats-Unis, premier marché à l'exportation du Japon, les signes de reprise de la production industrielle l'encouragent aussi au statu quo. La production manufacturière a augmenté de 1,0% en décembre, soutenue par les livraisons de pièces pour smartphones en Asie et les ventes de voitures sur le marché intérieur, selon les statistiques officielles publiées vendredi. Les chefs d'entreprises interrogés s'attendent à ce que la production augmente de 6,3% en janvier, incitant Tokyo à relever son évaluation pour parler d'une "reprise modérée" de la production. Le marché de l'emploi a continué à s'améliorer avec un taux de chômage à 3,4% en décembre, son plus bas niveau depuis 1997. Autre signe de reprise, même si elle est progressive, les dépenses des ménages ont progressé de 0,4% le mois dernier. (Tetsushi Kajimoto et Leika Kihara, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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