Le Japon échappe à la récession, croissance de 0,4% au T1

le , mis à jour à 09:32
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    * Croissance de 0,4% au T1, +1,7% en taux annualisé 
    * Le risque d'une contraction pas écarté au T2 
    * Le débat continue autour du projet de relèvement de la TVA 
 
 (Actualisé avec déclarations) 
    par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto 
    TOKYO, 18 mai (Reuters) - L'économie japonaise a connu au 
premier trimestre sa plus forte croissance depuis un an, grâce 
notamment à une solide consommation des ménages, mais les 
économistes jugent ce rebond insuffisant pour écarter le risque 
d'une contraction sur la période avril-juin. 
    La consommation privée ne s'est que légèrement redressée 
après le coup de mou de l'an dernier, laissant entier le débat 
sur le relèvement de la TVA que le Premier ministre Shinzo Abe 
prévoit pour 2017. 
    La troisième économie mondiale a connu une croissance de 
1,7% en en rythme annualisé sur la période janvier-mars, soit 
nettement plus que l'estimation moyenne de 0,2% des économistes 
et un rebond marqué par rapport à la contraction de 1,7% 
enregistrée au quatrième trimestre 2015. 
    Par rapport au quatrième trimestre, le produit intérieur 
brut (PIB) a augmenté de 0,4%. 
    L'économie échappe ainsi à une récession technique, définie 
par deux trimestres consécutifs de contraction, mais les 
économistes tempèrent la portée de la statistique et pointent 
l'effet technique de l'année bissextile, qui a rajouté une 
journée au premier trimestre. 
    "Si l'on prend en compte l'impact de la journée 
supplémentaire de l'année bissextile, qui a fait monter le taux 
de croissance d'un trimestre sur l'autre de 0,3 point de 
pourcentage, la croissance n'est pas aussi forte que le chiffre 
en soi laisse penser", déclare Hidenobu Tokuda, économiste à 
l'institut de recherche Mizhuo. 
    "Les chiffres du PIB vont sans doute inciter Abe à décider 
de reporter la hausse prévue de la TVA l'année prochaine et à 
déployer de nouvelles mesures de soutien budgétaire d'au moins 
5.000 milliards de yens (40 milliards d'euros)", ajoute-t-il. 
    Mais Kiochi Hamada, professeur émérite à l'université 
américaine de Yale et l'un des conseillers les plus écoutés du 
Premier ministre, a réitéré son opposition à un report du 
relèvement de la TVA, estimant devant une commission 
parlementaire que cela "créerait beaucoup de confusion." 
    Pour faire baisser l'endettement élevé du Japon, Shinzo Abe 
avait une première fois augmenté la TVA en avril 2014, portant 
le taux de 5% à 8%. Cela avait suffi à faire basculer l'archipel 
en récession, amenant le Premier ministre à décider d'un report 
de 18 mois pour la deuxième hausse prévue, qui portera le taux à 
10%. 
    Le journal Nikkei a rapporté pendant le week-end qu'un 
nouveau report était probable mais ces informations ont été 
démenties par le porte-parole du gouvernement et le ministre de 
l'Economie. 
    La consommation des ménages, qui représente 60% du PIB, a 
augmenté de 0,5% au premier trimestre selon les données du 
gouvernement, soit plus du double de ce qui était prévu mais 
sans pour autant effacer le recul de 0,8% constaté au dernier 
trimestre 2015. 
    Ces statistiques tombent avant le sommet du G7 que doit 
accueillir Shinzo Abe la semaine prochaine dans l'ouest du 
Japon, et au cours duquel il espère favoriser un accord sur la 
nécessité d'une coordination mondiale des politiques de relance 
de la croissance.   
 
 (Eric Faye et Véronique Tison pour le service français, édité 
par Benoît Van Overstraeten) 
 
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