Le Japon cherche à vendre son chasseur de sous-marins à Londres

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TOKYO, 7 janvier (Reuters) - Le Japon a approché la Grande-Bretagne pour lui proposer son avion chasseur de sous-marins P-1 pour un montant pouvant dépasser 1 milliard de dollars (843 millions d'euros), ont déclaré à Reuters des personnes proches du dossier. Si cette transaction était menée à son terme, cela constituerait une étape majeure dans la politique du Premier ministre Shinzo Abe consistant à accélérer l'abandon de la doctrine pacifiste du pays et à accroître les exportations d'armes. La Grande-Bretagne n'a pas formellement décidé d'acheter de nouveaux avions de patrouille maritime depuis l'annulation en 2010 d'une commande de neuf appareils construits par BAE Systems BAES.L en raison de retards et de surcoûts dans la fabrication. Pour s'imposer, le P-1, fabriqué par Kawasaki Heavy Industries , devra rivaliser avec le P-8 Poseidon de Boeing BA.N , ont indiqué à Reuters trois sources. Des responsables japonais ont discuté en juillet avec leurs homologues britanniques au salon aéronautique de Farnborough de l'opportunité pour Londres d'acheter le P-1 en remplacement du Hawker Siddeley Nimrod, un appareil de conception britannique qui a pris sa retraite en 2011, selon les sources. Depuis l'assouplissement en avril des règles relatives à l'exportation des armes, le ministère japonais de la Défense explore les marchés étrangers pour permettre aux fabricants du pays de vendre par exemple des sous-marins à l'Australie et des hydravions à l'Inde. La vente du P-1 à la Grande-Bretagne serait le premier contrat militaire majeur pour le Japon en dehors de la région Asie-Pacifique. Soucieux de contrer la puissance militaire croissante de la Chine, Shinzo Abe souhaite que les équipementiers en défense du Japon investissent davantage dans le marché mondial des armes afin de réduire les coûts d'approvisionnement et de renforcer l'armée nipponne. "Nous envisageons un certain nombre d'options en ce qui concerne les ventes d'équipements de défense mais nous ne commentons pas les offres spécifiques", a déclaré Hirofumi Takeda, porte-parole du ministère japonais de la Défense. Interrogé sur le sujet, un porte-parole de Kawasaki Heavy a dit ne pas être au courant d'une quelconque discussion et a refusé de commenter l'information. "En général, il s'agit d'une question de politique nationale. Donc s'il y a une décision qui se traduit par une commande, nous la suivrons", a-t-il dit. Shinzo Abe plaide depuis son arrivée au pouvoir en faveur d'un dépoussiérage de la doctrine japonaise héritée de l'immédiat après-guerre, malgré l'hostilité d'une grande partie de la population toujours attachée à la Constitution pacifiste adoptée en 1947. (Tim Kelly et Nobuhiro Kubo; Claude Chendjou pour le service français, édité par Patrick Vignal)


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