Le Japon a enfin trouvé la bonne harmonie

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Le Japon a enfin trouvé la bonne harmonie
Le Japon a enfin trouvé la bonne harmonie

Samedi, le Japon a écrit l'une des plus belles pages de l'histoire de la Coupe du monde en dominant l'Afrique du Sud dès son entrée en lice (34-32). Jean-Pierre Elissalde, sélectionneur japonais de 2005 à 2006, nous décrypte le jeu si particulier de cette équipe.

« J’ai été émerveillé. Surpris par le résultat, mais pas par leur niveau. On a vécu avec eux ces derniers instants, c’était presque trop beau pour être vrai. J’ai passé deux ans là-bas, ce n’était que du bonheur. » Devant sa télévision, Jean-Pierre Elissalde s’est régalé. Comme de nombreux téléspectateurs. Car samedi, le Japon a écrit l’une des plus pages de l’histoire de la Coupe du monde. Un exploit salué par l’ancien sélectionneur du Japon entre 2005 et 2006. « Abasourdi non. Je sais que ce sont des travailleurs, ils sont impliqués, concentrés, ils ont beaucoup progressé avec Eddie Jones car ils étaient un peu fantasques. On voit que c’est une équipe qui a intégré beaucoup de choses ces dernières années, et l’arrivée des Tongiens et d’un Néo-Zélandais leur a fait du bien dans l’impact », analyse celui qui fut le premier entraîneur étranger à officier à la tête des Cherry Blossoms.

La révolution Eddie Jones

Pour Elissalde, l’arrivée d’Eddie Jones à la tête de la sélection a permis de franchir un palier. D’une équipe fantasque au jeu parfois suicidaire ces dernières années, le Japon est devenu solide, précis, sans pour autant renier ses origines. « La rigueur du staff a parlé. Ils ont mis un cadre, comme tous les entraîneurs le souhaitent. Et là, ils sont restés dans le cadre, ils n’ont pas donné un point aux Sud-Africains. Il n’y a pas eu de relance suicidaire. Ils ont été très pragmatiques, et ce n’était pas leur première qualité ces dernières années. Eddie Jones fait du très bon boulot, il a la culture métissée avec le pragmatisme des Australiens et cette envie d’entreprendre des Japonais. S’il part, il y aura un héritage de toute façon. » Avec une mêlée rapide et des temps de circulation réduits, mais aussi des ballons portés à douze, les Cherry Blossoms ont fait mal aux Springboks. Ce succès inattendu permet aux Japonais de rêver à un improbable quart de finale. Mais pour cela, il leur faudra battre les Etats-Unis, contre lesquels ils seront favoris, mais aussi l’Ecosse ou les Samoa.

« Ils ont bousculé l’ordre établi, et ce n’est pas leur genre ! »

« Mais ce n’est pas encore fait, tempère Jean-Pierre Elissalde. Les Sud-Africains vont se ressaisir, les adversaires vont être prévenus en plus. Mais ils ont pas mal bousculé l’ordre établi, et c’est pas leur genre ! » Samedi soir, l’ancien sélectionneur de l’Angleterre champion du monde en 2003, Clive Woodward, a qualifié ce match de « plus grand match de l’histoire de la Coupe du monde ». « Ce n’est pas le plus grand match de l’histoire de la Coupe du monde, rétorque l’ancien entraîneur du Japon. Mais la plus grande surprise, oui ! S’enflammer ? Oui, il faut s’enflammer ! Bien sûr. L’histoire, la performance et le scenario sont tellement beaux que ce n’est pas la peine d’en rajouter. » Une chose est sûre, le destin du Japon est de marquer l’histoire du Mondial. En 1995, ils s’étaient inclinés 145-17 contre la Nouvelle-Zélande. Un revers qui reste à ce jour, et qui devrait le rester pour toujours, le plus large écart en Coupe du monde. Les temps ont bien changé… 

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