Le Hezbollah accuse les sunnites d'avoir tué son chef en Syrie

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 (Actualisé avec OSDH) 
    BEYROUTH, 14 mai (Reuters) - Le Hezbollah chiite libanais a 
accusé samedi des extrémistes sunnites d'être responsables de 
tirs d'artillerie qui ont tué son chef militaire Moustafa 
Badreddine en Syrie, une version questionnée par l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    Après l'annonce vendredi de la mort de Moustafa Badreddine, 
des dirigeants libanais avaient mis en cause Israël, qui a mené 
plusieurs frappes aériennes contre les combattants du "parti de 
Dieu" depuis que celui-ci s'est engagé dans le conflit syrien au 
côté des forces de Bachar al Assad. 
    Ce vétéran du Hezbollah, qui dirigeait ses opérations sur le 
théâtre syrien, a été tué par des tirs d'artillerie de "groupes 
takfiris", un terme désignant les djihadistes sunnites, sur une 
base proche de l'aéroport de Damas, a affirmé le mouvement 
chiite dans un communiqué. 
    Le Hezbollah avait indiqué vendredi qu'il ferait connaître 
rapidement le résultat de son enquête sur la mort de celui qui 
était aussi le beau-frère de son ancien chef militaire, Imad 
Mougniyeh, tué dans un attentat à la bombe à Damas en 2008, 
attribué à Israël. 
    "L'enquête a montré que l'explosion, qui a visé une de nos 
bases près de l'aéroport international de Damas et a provoqué le 
martyr du commandant Moustafa Badreddine, est la conséquence de 
tirs d'artillerie de groupes takfiris dans le secteur", dit le 
communiqué du mouvement chiite. 
    Le Hezbollah ne précise pas quand ce bombardement a eu lieu, 
ni quand son chef militaire est mort. 
    Or, selon l'OSDH, les rebelles présents dans la partie de la 
Ghouta orientale qui s'étend entre l'aéroport et le centre de 
Damas, tous deux sous contrôle gouvernemental, n'ont pas pris 
pour cible se secteur au cours de la semaine écoulée. 
    "Aucun bombardement ou tir venant de la Ghouta orientale en 
direction de l'aéroport international de Damas n'a été signalé 
depuis plus d'une semaine", a déclaré à Reuters le directeur de 
l'Observatoire basé à Londres, Rami Abdoulrahmane.  
    Moustafa Badreddine, qui était âgé de 55 ans, était sous le 
coup de sanctions américaines et avait été inculpé par le 
Tribunal spécial pour le Liban de l'Onu dans le cadre de 
l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic 
Hariri en 2005.   
    Plus de 1.200 combattants du Hezbollah auraient été tués en 
Syrie depuis le début du conflit, dont plusieurs figures de 
premier rang du mouvement. 
 
 (Lisa Barrington; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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