Le HCR dénonce la création de "centres de détention" en Grèce

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    GENEVE/LESBOS, Grèce, 22 mars (Reuters) - Le 
Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a 
annoncé mardi qu'il ne participerait pas au transport de 
migrants et réfugiés vers les "hot spots" installés en Grèce, 
qu'il assimile à des centres de détention.  
    Le HCR estime que l'accord conclu entre l'Union européenne 
et la Turquie et entré en vigueur dimanche pour freiner les 
arrivées de migrants en Grèce marque le franchissement d'une 
"ligne rouge".  
    "Ces soi-disant 'hot spots' sont devenus des centres de 
détention. Conformément à la politique du HCR qui s'oppose à la 
détention obligatoire, nous avons suspendu toutes nos activités 
dans tous les centres fermés de l'île (de Lesbos)", a déclaré 
Melissa Fleming, porte-parole du HCR à Genève.  
    Sur place, un porte-parole de l'agence onusienne a confirmé 
que le HCR avait cessé de transporter les réfugiés et migrants 
arrivés à Lesbos en provenance de Turquie vers le centre de 
Moria où ils sont, a-t-il dit, détenus contre leur volonté.  
    Avant la mise en place de l'accord entre Bruxelles et 
Ankara, les migrants et réfugiés étaient libres d'aller à leur 
guise hors du camp et de se diriger vers les ferries assurant la 
liaison avec le continent. 
    Ils seront désormais maintenus à Moria jusqu'à ce que leurs 
demandes d'asile soient traitées. Ceux dont les demandes ne 
seront pas jugées recevables seront renvoyés en Turquie à 
compter du 4 avril. 
    Outre le centre de Moria à Lesbos, quatre autres centres ont 
été mis en place sur les îles de Samos, Chios, Leros et Kos en 
mer Egée.  
    "Nous avons pris la décision de principe de cesser le 
transport à destination et en provenance de Moria car depuis 
dimanche, la liberté de circulation n'est plus garantie", a 
expliqué le représentant du HCR à Lesbos.  
    Selon le HCR, plus de 147.000 personnes, fuyant pour la 
plupart des conflits au Moyen-Orient et en Asie, sont arrivées 
cette année en Grèce par la mer, dont 59% de femmes et enfants. 
    A Genève, l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour 
l'enfance, a fait part de son inquiétude face aux implications 
du nouvel accord UE-Turquie pour les mineurs. 
    "La question des enfants n'est pas mentionnée alors que les 
enfants représentent 40% des personnes actuellement bloquées en 
Grèce", a déclaré une porte-parole de l'Unicef. Dix-neuf mille 
enfants se trouvent ainsi en territoire grec, dont 10% ne sont 
pas accompagnés, a-t-elle dit.      
 
 (Karolina Tagaris à Lesbos, Stephanie Nebehay à Genève; 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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