Le HCR dénonce la création de "centres de détention" en Grèce

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LE HCR DÉNONCE LA CRÉATION DE CENTRES DE DÉTENTION EN GRÈCE
LE HCR DÉNONCE LA CRÉATION DE CENTRES DE DÉTENTION EN GRÈCE

GENEVE/LESBOS, Grèce (Reuters) - Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé mardi qu'il ne participerait pas au transport de migrants et réfugiés vers les "hot spots" installés en Grèce, qu'il assimile à des centres de détention.

Le HCR estime que l'accord conclu entre l'Union européenne et la Turquie et entré en vigueur dimanche pour freiner les arrivées de migrants en Grèce marque le franchissement d'une "ligne rouge".

"Ces soi-disant 'hot spots' sont devenus des centres de détention. Conformément à la politique du HCR qui s'oppose à la détention obligatoire, nous avons suspendu toutes nos activités dans tous les centres fermés de l'île (de Lesbos)", a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR à Genève.

Sur place, un porte-parole de l'agence onusienne a confirmé que le HCR avait cessé de transporter les réfugiés et migrants arrivés à Lesbos en provenance de Turquie vers le centre de Moria où ils sont, a-t-il dit, détenus contre leur volonté.

Avant la mise en place de l'accord entre Bruxelles et Ankara, les migrants et réfugiés étaient libres d'aller à leur guise hors du camp et de se diriger vers les ferries assurant la liaison avec le continent.

Ils seront désormais maintenus à Moria jusqu'à ce que leurs demandes d'asile soient traitées. Ceux dont les demandes ne seront pas jugées recevables seront renvoyés en Turquie à compter du 4 avril.

Outre le centre de Moria à Lesbos, quatre autres centres ont été mis en place sur les îles de Samos, Chios, Leros et Kos en mer Egée.

"Nous avons pris la décision de principe de cesser le transport à destination et en provenance de Moria car depuis dimanche, la liberté de circulation n'est plus garantie", a expliqué le représentant du HCR à Lesbos.

Selon le HCR, plus de 147.000 personnes, fuyant pour la plupart des conflits au Moyen-Orient et en Asie, sont arrivées cette année en Grèce par la mer, dont 59% de femmes et enfants.

A Genève, l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, a fait part de son inquiétude face aux implications du nouvel accord UE-Turquie pour les mineurs.

"La question des enfants n'est pas mentionnée alors que les enfants représentent 40% des personnes actuellement bloquées en Grèce", a déclaré une porte-parole de l'Unicef. Dix-neuf mille enfants se trouvent ainsi en territoire grec, dont 10% ne sont pas accompagnés, a-t-elle dit.

(Karolina Tagaris à Lesbos, Stephanie Nebehay à Genève; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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