Le Hamas dit étudier un projet de nouvelle trêve avec Israël

le
1

(Actualisé tout du long) par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller GAZA/JERUSALEM, 10 août (Reuters) - L'Egypte a proposé une nouvelle trêve de 72 heures dans la bande de Gaza entre Israël et les Palestiniens et la délégation palestinienne au Caire étudie cette proposition, a déclaré dimanche à Reuters un porte-parole du Hamas. Israël a pour sa part répété qu'il excluait une reprise des pourparlers indirects avec les Palestiniens sur une cessation durable des hostilités tant que persisteraient les tirs de roquettes et d'obus de mortier sur son territoire. Il s'est dit prêt à une intervention militaire de longue haleine dans la bande de Gaza. Les bombardements israéliens ont tué trois Palestiniens dimanche. Les négociateurs israéliens ont quitté la capitale égyptienne vendredi alors qu'expirait une première trêve de trois jours. Leurs homologues palestiniens ont menacé d'en faire de même dimanche si l'Etat hébreu n'acceptait pas une reprise des pourparlers sans condition. D'après l'agence de presse égyptienne Mena, les Palestiniens vont toutefois rester au Caire jusque lundi pour assister à une réunion en urgence de la Ligue arabe. Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, a déclaré que l'Egypte proposait une nouvelle trêve pour favoriser la reprise des pourparlers indirects. "La délégation palestinienne fera connaître sa position dans quelques heures à la lumière des efforts égyptiens et des développements", a pour sa part déclaré Azzam Ahmed, chef des négociateurs palestiniens issu du Fatah, aux journalistes au Caire. La délégation palestinienne est composée à la fois des islamistes du Hamas, qui contrôlent Gaza, et des nationalistes du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas installé en Cisjordanie. Une source au ministère égyptien des Affaires étrangères a précisé que cette proposition de trêve était en cours d'élaboration et qu'il était donc prématuré de conclure qu'elle allait aboutir à un accord. Durant le conseil des ministres hebdomadaire à Tel Aviv, Benjamin Netanyahu a pour sa part répété qu'"Israël ne négociera pas sous le feu". "A aucun moment nous n'avons déclaré que (l'opération militaire) était terminée. L'opération se poursuivra jusqu'à ce que son objectif - le rétablissement du calme pendant une période prolongée - soit atteint. Je l'ai dit au début et pendant toute l'opération (militaire): cela va demander du temps, et nous devons faire preuve de persévérance", a dit le Premier ministre israélien, dont l'intervention était retransmise à la télévision. Avant l'expiration de la première trêve vendredi, Israël se disait prêt à accepter de la prolonger. Le Hamas a refusé en exigeant la levée du blocus de la bande de Gaza imposé à la fois par Israël et l'Egypte. LES KIBBOUTZ PROCHES DE LA FRONTIÈRE DÉSERTÉS L'Etat hébreu continue de limiter l'accès à Gaza de crainte de voir le Hamas reconstituer son arsenal avec des armements en provenance de l'étranger. Israël exige aussi des garanties sur le fait que les matériaux de reconstruction susceptibles d'être acheminés à Gaza ne soient pas utilisés par les activistes palestiniens pour creuser de nouveaux tunnels leur permettant de s'infiltrer sur son territoire. Depuis le déclenchement le 8 juillet de l'opération "Bordure protectrice" par Israël, pour mettre fin aux tirs de roquettes en provenance de Gaza, 1.893 Palestiniens ont été tués, dont une majorité de civils, selon les services de secours. Les bombardements israéliens, accompagnés à partir du 17 juillet d'une intervention terrestre, ont semé la dévastation dans la bande de Gaza. Israël a pour sa part perdu 64 militaires et trois civils dans le conflit. Depuis la reprise des hostilités vendredi, les violences ont nettement baissé en intensité. Les bombardements israéliens ont tué 16 Palestiniens en trois jours. Les activistes palestiniens semblent pour leur part avoir changé de stratégie pour atteindre le moral des Israéliens sans provoquer de nouvelle intervention terrestre dans la bande de Gaza. Avant la trêve, plus de 100 roquettes étaient tirées chaque jour notamment en direction des grandes villes israéliennes comme Tel Aviv, qui n'a plus été attaquée depuis qu'Israël a retiré ses forces terrestres de Gaza mardi. Depuis vendredi, les activistes palestiniens ont tiré plus de 100 projectiles mais essentiellement des roquettes de faible portée ou des obus de mortier. Bien que le système israélien d'interception "Dôme de fer" soit inopérant pour ce type de projectiles, ces tirs ont fait peu de victimes, en grande partie parce que 80% des 5.000 habitants des kibboutz proches de la frontière ont fui avant la trêve observée de mardi à vendredi. L'abandon de ces kibboutz, communautés agricoles dans lesquelles les Israéliens voient des symboles de leur esprit pionnier, pourrait accentuer la pression sur Benjamin Netanyahu afin qu'il fasse preuve de fermeté. "J'ai entendu les différents discours du Premier ministre mais nous voyons la réalité de la situation ici", a déclaré dimanche Yossi Wagner, membre d'une unité de sécurité du kibboutz Nahal Oz, à la radio de l'armée. "Nous avons décidé que pour le moment, nous ne recommandons pas aux membres de revenir dans le kibboutz." (avec Lin Noueihed au Caire, Dan Williams et Allyn Fisher-Ilan à Jérusalem; Tangi Salaün et Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4888303 le dimanche 10 aout 2014 à 11:56

    DELENDA EST GAZA !Les Israelien excédés risquent de mettre cette menace à exécution !