Le Hamas annonce une trêve, Israël dément

le
1
CONFUSION SUR LE CESSEZ-LE-FEU ENTRE ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS
CONFUSION SUR LE CESSEZ-LE-FEU ENTRE ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza ont accepté le principe d'un cessez-le-feu négocié par l'Egypte qui entrera en vigueur à minuit heure locale (22h00 GMT), a annoncé un représentant du Hamas, ce qu'un responsable israélien a aussitôt démenti.

"Un accord sur l'accalmie a été conclu. Il sera proclamé à 21h00 et entrera en vigueur à minuit", a déclaré à Reuters Ayman Taha, au nom du mouvement islamiste.

L'accord n'est pas encore finalisé et "la balle est toujours en jeu", a par la suite affirmé Mark Regev, porte-parole du gouvernement israélien, interrogé sur CNN.

Quelques heures plus tôt, le président égyptien avait dit croire à la conclusion d'une trêve au septième jour de l'offensive israélienne dans l'enclave palestinienne tenue depuis juin 2007 par le Mouvement de la résistance islamique.

"Le président Mohamed Morsi a annoncé que la farce de l'agression israélienne dans la bande de Gaza prendrait fin mardi", a rapporté l'agence de presse officielle Mena, sans citer directement le chef de l'Etat.

"Les efforts pour aboutir à une trêve entre Palestiniens et Israéliens produiront des résultats positifs dans les prochaines heures", ajoute-t-elle.

L'Egypte, à la pointe des grandes manoeuvres diplomatiques en cours, s'efforçait depuis plusieurs jours de ramener les deux camps à la trêve informelle qui a volé en éclats la semaine dernière. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a pris mardi la direction du Proche-Orient pour ajouter le poids de Washington dans la balance des négociations.

Sur le terrain, l'armée israélienne a bombardé une centaine de cibles dans la bande de Gaza sans faire cesser les tirs de roquettes en direction de l'Etat hébreu, objectif officiel de l'offensive entamée mercredi.

150 TIRS DE ROQUETTES

Jérusalem a ainsi été visée pour la deuxième fois depuis le début de l'opération "Pilier de défense", mais le projectile s'est abattu dans une zone inhabitée de Cisjordanie sans faire de blessé. Il a toutefois provoqué une alerte aérienne alors que Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, arrivait dans la Ville Sainte en provenance du Caire.

Les raids israéliens ont notamment visé des dépôts de munitions et le siège de la Banque islamique nationale.

Dans l'après-midi, la police israélienne avait quant à elle dénombré plus de 150 tirs de roquettes qui ont pour la plupart été interceptées par le dispositif "Dôme de fer". Les services de secours font toutefois état d'une dizaine de blessés côté israélien.

Depuis mercredi, 126 Palestiniens, dont une moitié de civils et 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, selon les chiffres communiqués par les hôpitaux. Les tirs de roquette en provenance de l'enclave ont par ailleurs coûté la vie à trois Israéliens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui briguera un nouveau mandat le 22 janvier, réfléchissait depuis plusieurs jours à une intervention au sol.

"Si une solution de long terme peut être mise en place par des moyens diplomatiques, alors Israël sera un partenaire de bonne volonté pour parvenir à une telle solution", a-t-il dit.

"Mais si une action militaire plus forte s'avère nécessaire pour mettre fin aux incessants tirs de roquettes, Israël n'hésitera pas à faire le nécessaire pour protéger notre population", a-t-il assuré après une rencontre avec Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies.

Le chef du gouvernement et son cabinet de sécurité avait auparavant débattu pendant deux heures du bien fondé d'une opération au sol.

"RESTAURER LA DISSUASION"

"Avant de décider d'une invasion, le Premier ministre a l'intention d'épuiser la voie diplomatique pour voir si un cessez-le-feu à long terme peut être obtenu", a déclaré ensuite un membre de son administration ayant requis l'anonymat.

Des tracts invitant les civils à évacuer les lieux ont toutefois été largués mardi sur plusieurs localités de la bande de Gaza.

"Le Hamas ne disparaîtra pas mais il gardera longtemps le souvenir de cette expérience et c'est ce qui va restaurer la dissuasion", a quant à lui assuré le ministre de Défense Ehud Barak, s'adressant à des troupes à l'entraînement dans le Sud.

Hillary Clinton a donc pris la direction de Jérusalem, où elle sera reçue mercredi par le chef du gouvernement israélien. La secrétaire d'Etat américaine se rendra également au siège de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, et au Caire.

Ban Ki-moon, qui l'a précédé dans la capitale égyptienne, y a lancé un appel au cessez-le-feu immédiat et a mis en garde contre "l'escalade dangereuse" que constituerait une opération terrestre.

Le secrétaire général de l'Onu s'est entretenu avec son homologue de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, et avec le Premier ministre égyptien Icham Kandil avant de gagner Jérusalem. Il sera de retour en Egypte mercredi pour une entrevue avec Mohamed Morsi.

Enfin, une délégation de neuf ministres des Affaires étrangères arabes et turc emmenée par le chef de la diplomatie égyptienne s'est rendue dans la bande de Gaza pour exprimer sa solidarité aux habitants.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • london le mardi 20 nov 2012 à 19:11

    Israel ne veut pas de treve mais la paix, avec ou sans le Hamas.Or le Hamas ne voudra jamais la paix. Gaza est une ville egyptienne depuis toujours et elle redeviendra egyptienne bientot.