Le Guardian prévoit plusieurs années de pertes à cause de ses investissments

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LONDRES, 9 mars (Reuters) - Guardian Media Group (GMG), la maison mère du quotidien éponyme, s'attend à creuser ses pertes au cours des prochaines années en raison de ses investissements liés à la mutation du secteur de la presse, a déclaré lundi son directeur général. Le groupe britannique de presse prévoit une perte annuelle record d'environ 30 millions de livres (41,5 millions d'euros) quand il publiera ses résultats détaillés cet été. Le chiffre d'affaires sur l'exercice s'achevant le 29 mars devrait en revanche progresser pour la troisième année consécutive, en hausse de 3% à 215 millions de livres, grâce à un bond de plus de 20% des revenus dégagés du numérique. Le Guardian s'est illustré ces dernières années par ses révélations sur l'affaire Snowden, le scandale des écoutes téléphoniques en Grande-Bretagne et Wikileaks. Le quotidien britannique de centre-gauche, fondé en 1821, s'est également développé aux Etats-Unis et en Australie. Le site du Guardian revendique 121,7 millions de visiteurs uniques par mois, un record, amenant l'éditeur à développer sans cesse de nouvelles plates-formes et de nouveaux modes de consommation de l'information, reflet du changement profond survenu dans la presse aussi bien au niveau des lecteurs que des annonceurs. "Nous allons investir dans les prochaines années sur le mobile et la vidéo", a déclaré à Reuters Andrew Miller, le directeur général de GMG, qui s'apprête à quitter ses fonctions fin juin après cinq ans à la tête du groupe. "Cela signifie que nos pertes vont augmenter au cours des prochaines années au moins", a-t-il ajouté. Contrairement à nombre de ses concurrents, le Guardian n'a pas opté pour un site payant, préférant un modèle financé par la publicité à l'image du journal Daily Mail DMGOa.L . Les annonceurs plébiscitent ce modèle car une publicité sur internet leur coûte moins qu'une campagne dans la presse papier. Sur mobile, les tarifs sont encore en plus bas. Parallèlement, les lecteurs se détournent de plus en plus de la presse traditionnelle pour lire les informations en ligne. L'éditeur britannique de presse, propriétaire également de L'Observer et du site Guardian.com, a dit enregistrer une forte croissance dans la publicité en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, avec un rendement supérieur à la plupart de ses pairs en raison d'une audience plus qualifiée et plus fidèle. Environ 25% de sa publicité par affichage s'effectue désormais sur le mobile. Pour garantir l'avenir du journalisme, CMG a mis sur pied un fonds d'investissement de plus de 800 millions de livres, grâce notamment à la vente l'an dernier de sa participation dans Trader Media Group. Selon Andrew Miller, le secteur est seulement à 10-15% du chemin de sa transformation, car les journaux britanniques doivent en plus faire face à la concurrence de nouveaux acteurs internationaux comme le New York Times, le réseau social et d'informations BuzzFeed et même les chaînes d'information en continu comme CNN. (Kate Holton; Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)


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