Le groupe Lohr dépose son bilan faute d'accord avec Alstom

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STRASBOURG (Reuters) - Le groupe Lohr, qui emploie 940 personnes à Duppigheim (Bas-Rhin), a déposé son bilan lundi devant la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg, faute d'un accord avec Alstom sur le rachat de sa filiale de tramways sur pneus Translohr.

Des négociations restent toutefois en cours entre l'industriel alsacien, spécialiste de la remorque porte-voiture, et le groupe de matériel ferroviaire, sous l'égide du ministère du Redressement productif. Elles pourraient encore déboucher sur une solution mardi, a-t-on précisé de sources syndicales.

Le tribunal a renvoyé sa décision sur l'avenir de l'entreprise et son éventuel placement en redressement judiciaire au 11 juin. "Cela doit permettre de négocier un accord encore possible, ce qui ne nous arrange pas au niveau des salaires", a souligné Yves Mattern, délégué CFDT, en précisant qu'ils n'avaient pas été versés en mai.

Alstom et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) avaient annoncé début avril étudier un projet de reprise à hauteur de 85% de Translohr, pour un montant d'environ 60 millions d'euros.

Après une étude approfondie du dossier qui a révélé une situation jugée "beaucoup plus difficile" qu'annoncé par Alstom, l'offre a été ramenée à 35 millions d'euros, selon des déclarations à la presse de Robert Lohr, le PDG de ce groupe à capitaux familiaux.

Selon les syndicats, l'accord envisagé porte encore sur le prix mais aussi sur un éventuel abandon de créances bancaires.

La situation financière du groupe Lohr s'est détériorée depuis 2008 et les suites de la crise financière qui ont touché ses différentes activités liées à l'industrie automobile ou à la commande publique. Selon les syndicats, Robert Lohr a expliqué au tribunal avoir "mal anticipé la durée de la crise" et avoir aussi fait preuve "d'un peu de naïveté vis-à-vis d'Alstom".

"Certains salariés lui en veulent mais d'autres lui sont reconnaissants d'avoir voulu maintenir l'emploi. Il aurait dû procéder à des licenciements il y a bien longtemps", a estimé Yves Mattern, en précisant que la chose était difficile à dire pour un syndicaliste.

Gilbert Reilhac, édité par Gilles Trequesser

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